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BD

Des Suisses en cases

Dans la foulée de Zep, invité d’honneur du festival BD-FIL, une trentaine d’auteurs suisses présentent leurs nouveautés, dont le très beau «Sous-sols» de Tom Tirabosco et Pierre Wazem qui plongent Genève dans le chaos

Genre: Bande Dessinée
Qui ? Tom Tirabosco, Pierre Wazem
Titre: Sous-sols
Chez qui ? Futuropolis, 120 p.

BD-FIL, le festival de bande dessinée de Lausanne, est plus que jamais le révélateur de la vitalité et de la diversité de la BD suisse. Une bonne trentaine d’auteurs romands et alémaniques y sont présents, la plupart en dédicace avec des livres récents. Parmi les nouveautés de ces arrière-petits-enfants de Töpffer, quelques mises en évidence s’imposent, dans des registres très différents.

Après La Fin du monde, Tom ­Tirabosco et Pierre Wazem sortent dans la même veine Sous-sols (Futuropolis). Ce n’est plus le déluge, mais un trou noir provoqué par la mise en route du LHC au CERN qui frappe Genève, plongée soudainement dans une obscurité permanente, générant troubles et émeutes. Entre matière et antimatière, entre science et fantastique, une jeune femme dédoublée en une sœur jumelle incertaine affronte un traumatisme oublié de son enfance, tout comme l’héroïne du livre précédent. L’écriture et le dessin sont remarquables, même si le début est un peu languissant. Mais comme l’ennui et le sentiment de décalage de l’enfance sont évoqués avec justesse! Le travail du dessinateur pour ces deux ouvrages est présenté à Lausanne dans l’exposition ­Bichromie.

Avec le Bâlois Enrico Marini, on passe de l’intimisme à la fureur d’une aventure de cape et d’épée flamboyante: la série Le Scorpion, qui connaît un énorme succès (meilleure vente BD cette semaine en France), fête ses 10 ans et son neuvième volume, Le Masque de la vérité (Dargaud). Le Scorpion, un aventurier romain du XVIIIe siècle à la recherche de ses origines, affronte les «neuf familles» qui règnent sur Rome en s’appuyant sur l’Eglise. Un dessin virtuose, un scénario habile signé Stephen Desberg et une plongée impitoyable dans les arcanes du pouvoir. Les planches somptueuses de Marini sont exposées à Paris, à la Galerie du 9e art, jusqu’au 23 septembre.

Invité d’honneur de BD-FIL, Zep occupe depuis juin les salles du Mudac pour sa remarquable rétrospective Le Portrait dessiné, à ne pas manquer jusqu’au 10 octobre (LT du 19.06.2010). Sous le même titre, un catalogue bourré d’images permet de découvrir les multiples facettes du dessinateur. Qui vient au festival avec une «nouveauté, Dieu, le sexe et les bretelles (Glénat). Ça vous dit quelque chose? Oui, c’est le tout premier album de Titeuf, sorti en 1993 en noir et blanc et habilement mis en couleurs par Tébo. Le résultat est tout à fait convaincant. Sortie aussi de Happy Rock, réédition chez Delcourt du savoureux Enfer des concerts.

A noter encore que les pères fondateurs de la BD romande, Derib et Cosey, sont présents, avec les nouveaux volumes de leurs belles et bien documentées intégrales de Buddy Longway et Jonathan (Le Lombard). Que ­Patrick Mallet poursuit, avec Les trois doublons, son intéressante vie imaginaire d’Achab avant qu’il devienne le personnage central du Moby Dick d’Herman Melville (Achab T3, Treize étrange ). Que la Vaudoise Hélène Becquelin, qui tient un blog depuis quatre ans, passe au papier avec Angry Mum s’énerve (Glénat), mais y reste très blog, très états d’âme au quotidien (exposition à la librairie Payot). Que Valp poursuit sa quête entre dragons et pouvoirs magiques avec ­Wesconda (Ashrel T2, Delcourt). Que Pet et Willemin achèvent leur hautement déjanté J’ai épousé une communiste (en noir et blanc chez Paquet). Que Franz Zumstein poursuit sa saga aéronautique assez abracadabrante avec le deuxième volume du Faucon du désert (Delcourt). Enfin que le Dictionnaire mondial de la BD de Patrick Gaumer (Larousse), dans sa quatrième édition qui vient de sortir, accorde deux chapitres plutôt bien faits (à quelques inexactitudes près) à la Suisse, romande et alémanique.

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