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Consommation culturelle

Des Suisses inégalement férus de culture

Une étude de l’Office fédéral de la statistique montre que les Suisse plébiscitent les concerts, la visite de monuments et le cinéma. Les différences selon les niveaux de formation et le revenus restent fortes.

Lorsqu’on leur demande les activités culturelles auxquelles ils se sont adonnés dans l’année écoulée, les Suisses mentionnent les concerts en premier lieu. Puis la visite de monuments et de sites historiques. Le cinéma ne vient qu’en troisième position. C’est le premier enseignement d’une étude de l’Office fédéral de la statistique (OFS), qui en a dévoilé les résultats principaux mardi. L’enquête complète sera produite l’année prochaine.

Après le cinéma, le goût des 4346 sondés est allé à la visite de musées historiques ou techniques, les spectacles «autres» tels que le cirque, la fréquentation de musées d’art ou de galeries, ainsi que le théâtre. C’est le deuxième groupe d’activités, résume Jürg Marti, directeur de l’OFS. Une troisième catégorie comprend les bibliothèques – par loisir, non dans le cadre de l’école – et les festivals. Une quatrième, enfin, en forme de queue de peloton, comprend la bibliothèque dans le cadre scolaire ainsi que les spectacles de danse et de ballet.

Menée d’entente avec l’Office fédéral de la culture (OFC), l’étude montre une population helvétique friande de culture. En comparaison avec les 27 pays de l’Union européenne, les Suisse se distinguent par une bien plus forte assiduité aux concerts et, de manière moins marquée, au cinéma et au théâtre. Ils sont dans la moyenne s’agissant de la visite de monuments et de la danse.

La lecture ne faisait pas partie du catalogue d’activités inclus dans les premiers résultats. En revanche, les deux offices mettent en évidence les résultats concernant la musique. Pour une raison politique: l’OFC doit préparer la réponse du Conseil fédéral à une initiative réclamant davantage de moyens pour l’enseignement de la musique. Au hit parade des styles préférés, tous âges confondus, les genres pop et rock dominent, suivis de la musique classique, puis du jazz et blues. Les tendances s’inversent, sans surprise, au fil des âges. En revanche, au classement des œuvres les plus populaires dans les concerts, le classique passe en première position.

Directeur de l’OFC, Jean-Frédéric Jauslin s’interroge sur ce qui semble être une particularité helvétique: la pratique d’un instrument à musique, revendiquée par un Suisse sur cinq, deux fois plus que dans les pays de l’UE. «La moitié de la population dit avoir suivi des cours de musique, mais cette part se réduit lorsqu’il s’agit de continuer à pratiquer», ajoute Jean-Frédéric Jauslin. Il relève aussi que la montée en puissance des nouveaux formats est désormais attestée: 37% des sondés évoquent les baladeurs type iPod comme support fréquemment utilisé, 35% mentionnent Internet. «Il faut repenser le soutien à la musique à l’ère numérique», annonce le chef de l’OFC.

L’étude montre en outre de fortes disparités selon les revenus et le niveau de formation. La consommation culturelle est sensiblement moindre chez les personnes moins formées, ou à faibles revenus. Selon Jean-Frédéric Jauslin, cette réalité doit pousser à «renforcer la place de la culture à l’école».

Le coût, pourtant, n’est pas cité comme le premier obstacle à une plus grande consommation culturelle. Les Suisses se plaignent bien davantage du manque de temps et des contraintes horaires, premières sources de frustration culturelle. Le prix ne vient qu’en deuxième position, avec un accent sur les tarifs des concerts et du cinéma. A noter que l’état de l’offre est cité comme «obstacle» par 20% des sondés s’agissant du cinéma…

Cette étude, une première depuis 20 ans, fait partie des réformes qu’impliquera la future loi sur l’encouragement de la culture, en débat aux Chambres. Le chef de l’OFC se montre encore prudent sur l’usage qu’en feront les décideurs politiques: il s’agissait déjà de se nourrir de chiffres. La question de l’encouragement des activités populaires, ou de l’aide aux arts minoritaires, reste «politique», dit-il.

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