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Politique culturelle

Pas de «super-Pro Helvetia»pour les Etats

La Chambre des cantons choisi une direction inverse de celle du National, en maintenant les prérogatives de l’Office fédéral de la culture. Le débat pourrait durer.

La Chambre haute ne veut pas d’une Pro Helvetia comme guichet unique de la culture au niveau fédéral. Allant à l’encontre du National, les Etats ont choisi jeudi de répartir les tâches entre l’Office fédéral de la culture (OFC) et Pro Helvetia selon la clé prévue par le Conseil fédéral dans le projet de nouvelle loi sur l’encouragement de la culture: l’aide aux artistes, les prix et bourses de formation, à l’OFC, le soutien aux projets, à l’exportation culturelle et aux échanges entre régions linguistiques à la fondation. Ce point a été décidé par 22 voix contre 17.

En mars, le National avait attribué une part de l’aide à la culture à Pro Helvetia, ne laissant à l’Office que les récompenses et quelques miettes. La logique, défendue aussi par la minorité de la commission des Etats, consiste à éviter toute «étatisation» de la culture, selon Felix Gutzwiller (PLR/ZH). Géraldine Savary (PS/VD) objecte qu’il serait «contre-productif de casser la répartition des rôles», jugeant même à l’inverse, dans une expression théâtralement fédérale, que dans cette affaire, «l’OFC surjoue la subsidiarité».

Cette crainte d’une emprise de l’Etat imprègne les débats, surtout exprimée par les élus alémaniques. En plus, le renforcement de Pro Helvetia permettrait de «mieux rationaliser le système», selon Werner Lüginbuhl (PBD/BE).

«La Suisse n’est pas rationnelle», rétorque Pascal Couchepin, arguant de la diversité culturelle et linguistique du pays. Le risque de mainmise des pouvoirs publics existe aussi au niveau des cantons et des communes, évoque le Valaisan, pour qui «personne ne veut d’une culture fédérale».

Selon le conseiller fédéral, et pour la majorité des sénateurs, c’est au contraire en opérant une «concentration verticale» par le biais de Pro Helvetia que l’on prend le risque d’une «culture de l’Etat». Au reste, l’existence de deux instances fédérales garantit la diversité, histoire de «donner leur chance à davantage d’artistes», ajoute Pascal Couchepin.

Dans l’argumentaire, un parallèle avec la formation supérieure et la recherche est souvent évoqué: Hansruedi Stadler (PDC/UR) l’utilise à plusieurs reprises pour justifier le renforcement de Pro Helvetia, en comparaison avec les Ecoles polytechniques, qui bénéficient d’une grande autonomie dans le cadre de plans quadriennaux: «La définition des missions est claire, et débattue aux Chambres.»

Ce dernier argument se retourne toutefois contre ceux qui le brandissent, puisque le Conseil fédéral définit les objectifs stratégiques du domaine des EPF. Plaidant pour cette option, Pascal Couchepin évoque, à titre d’exemple, une demande de l’Etat à Pro Helvetia en vue de réduire ses frais de fonctionnement, ou d’accroître ses efforts en matière de communication entre les régions linguistiques du pays.

Le blocage entre les Chambres se révèle, pour l’heure, complet sur ces deux points sensibles, les prérogatives et le degré d’autonomie de la fondation. Dès lors, le National pourrait revenir sur sa lancée de mars, ou entrer dans une discussion sur chaque type d’activité, ainsi que l’instance retenue pour l’exercer. Ce qui pourrait être long.

«Personne ne veut d’une culture fédérale»

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