JAZZ

Supersax ou le petit Parker illustré

Quand cinq West Coastiens mythiques récitaient les solos de Bird… par cœur

Genre: JAZZ
Qui ? Supersax
Titre: Supersax Originals
Chez qui ? (Jazzclub-MPS/Universal)

Les enfants chantonnent toute la journée l’air de leur cartoon favori: logique que les fêlés de Parker n’aient sur les lèvres que les chorus de leur dieu. Ces fêlés-là (les plus atteints du moins) ont mis leur folie en commun un beau jour de 1971 pour, sous la direction de Med Flory, transcrire les solos du Bird pour une entière section de saxophones – soit deux altos, deux ténors et un baryton.

Pour rendre le choc plus imparable, ils se sont adjoint une section rythmique dominée par le clavier mordant de Lou Levy, un trompettiste aux pistons lestes (Conte Candoli) et un dégourdi de la coulisse (Frank Rosolino). Cette expérience limite, du double point de vue de la dévotion et de la virtuosité, a curieusement rencontré les faveurs du public au point de permettre au groupe, assez naturellement baptisé Supersax, de traverser toute la décennie.

Le résultat de leurs ébats laisse baba. Déjà vertigineuses lorsqu’elles sortaient du seul saxophone alto du génial zoiseau, les impros parkériennes prennent, multipliées par cinq, l’ampleur d’un tsunami. Qui balaie au passage certains clichés persistants sur le jazz West Coast, censé snober la fougue du bop et l’euphorie du jazz classique au profit d’une esthétique lymphatique tendance délétère. Démenti cinglant avec les albums Chasin’ The Bird et Dynamite!! , judicieusement réédités à l’heure où la production du groupe devenait matière à enchères prohibitives.

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