polar

Suspense intense en Islande

Dans son nouveau polar, Yrsa Sigurðardóttir installe deux personnages appelés à revenir, un policier et une psychologue

ADN se termine par un puissant suspense, l’un de ces twists dont le roman policier le plus classique a le secret, et que l’on n’avait pas vécu dans ce genre depuis quelque temps. Certains paraderont peut-être: mais bien sûr, j’avais deviné l’auteur du crime! D’autres auront comme un pressentiment a posteriori, l’impression qu’ils ont possédé, une fraction de seconde, l’intuition de quelque chose qui s’approcherait de la juste idée du coupable…

Sacrée vedette du polar islandais, Yrsa Sigurdardottir opère dans une veine plus classique qu’Arnaldur Indridason, et c’est justement cette maîtrise de la veine du «qui a tué?», adaptée à un contexte moderne, qui fait son intérêt. Dans ADN, elle pose deux nouveaux personnages appelés à revenir. L’un représente la classique figure de policier, l’autre est une psychologue pour enfants.

Une enfant témoin

Car le roman commence par un crime auquel une fillette a assisté; sa parole devient un enjeu majeur de la trame. Il faut pouvoir mettre l’enfant en confiance, obtenir quelques descriptions, puis savoir lire ces mots, qui peuvent être tronqués ou adaptés selon les traumatismes liés à l’événement. Au reste, l’inspecteur, promu à un plus haut grade pour cette enquête, et la psy ont couché ensemble, un soir; ce vécu commun les trouble davantage qu’il ne les rapproche.

Le mystère s’épaissit avec des chiffres sans grande cohérence qui sont trouvés vers le lieu du drame, et qui circulent par ailleurs par CB, ou cibi. Un personnage peut-être trouble complète la galerie, un cibiste justement, un adepte de cette radio des anciens temps, dont les ondes frétillent encore le long du globe, même sur l’île du Nord.

Lire aussi:  En Islande, la fureur de lire

Yrsa Sigurdardottir dépeint une Islande à la fois moderne et intemporelle, de Reykjavik comme des régions lointaines. Le titre l’indique, il est question de famille plus que de société, de blessures et d’héritages. Dans une tension qui culmine avec ce puissant final.


Yrsa Sigurdardottir, «ADN», traduit de l’islandais par Catherine Mercy, Actes Sud, 414 p.

Publicité