De quelqu'un qui participa à l'éruption «Machine Gun» – pièce liminale, enregistrée en 1968, de l'oeuvre de l'über-saxophoniste Peter Brötzmann –, on ne pensera que du bien. Ce quelqu'un auquel on pense se nomme Sven-Åke Johannson: il tenait alors la batterie en tandem avec Han Bennink, et s'est depuis fait une place de choix, comme percussionniste labile, aux confluents de l'improvisation et du free jazz.

Compositeur et instumentiste

Le collectif de percussion contemporaine Eklekto a l'excellente idée, dans le cadre du cycle «Words & Percussion», de l'inviter à Genève, au Galpon, en le coiffant à la fois de la casquette de compositeur – deux de ses nouvelles pièces («Die Kopisten» et «Mono für 12 Trommeln») y seront créées – et d'instrumentiste - le maître improvisera en fin de programme.

Qu'en attendre? Beaucoup de choses, car le septuagénaire suédois (et berlinois d'adoption depuis 1968) est redoutable d'inventivité, multipliant les techniques de jeu hétérodoxes (oui: on peut taper sur un tom avec un linge) et les marques de virtuosité signifiante: ses roulements sont des vagues en flux en et reflux, l'espacement de ses coups est un générateur de tension - et le bougre sait même rire de lui-même. C'est la marque des plus grands.


Théâtre du Galpon, 19 et 20 avril à 20h. Route des Péniches 3, Petit-Lancy. Rens. Eklekto.