Sylwia est sportive et élancée. Elle est blonde aux yeux bleus et porte un justaucorps rose, comme si tout chez elle n’était que cliché. La voici en train de donner un cours de fitness dans un centre commercial. Surconnectée, elle est un pur produit de son temps, vit par et pour les réseaux sociaux. Suivie par des centaines de milliers de fans, elle doit sa notoriété à sa présence numérique, comme si sa vie entière était une performance continue. Mais lorsqu’elle n’est pas en ligne, elle est seule. Et il lui arrive de pleurer… sans que l’on sache réellement à quel moment elle n’est plus dans la recherche d’une performance.

Cinéaste suédois installé en Pologne, Magnus von Horn explique avoir eu l’idée du personnage de Sylwia lorsqu’il a commencé à passer beaucoup de temps à suivre sur les réseaux des «motivateurs en fitness», comme il les appelle. Rencontré en septembre dernier au Zurich Film Festival, où Sweat était en compétition, il avoue une certaine forme d’addiction, non pas au sport, mais à la manière dont certaines influenceuses construisent leur quotidien comme une sorte de «reality show permanent».