Le temps d’un café

Sylvain Tesson, chevalier de la licorne

L’écrivain français signe «La Panthère des neiges», récit à fleur d’âme sur les traces d’un animal fabuleux, Prix Renaudot 2019. Rencontre à Paris avec un fauve des lettres

Une vodka et une panthère. L’église Saint-Séverin vient de sonner dix coups. Et la porte s’ouvre. Sylvain Tesson s’inquiète, courtoisie de capitaine de frégate, béret à la Jack London, comme pour chicaner le bleu Baïkal de son regard. «Je ne vous ai pas fait attendre?» L’auteur adulé de Dans les forêts de Sibérie ne se doute pas, ce matin-là à Paris, que sa Panthère des neiges lui vaudra le Prix Renaudot.

Il vous sert une vodka Poutinka, précise que c’est une bonne et vous assoit sur un canapé en cuir noir. Il ne touche plus au breuvage des cosaques depuis une chute qui a failli lui être fatale au mois d’août 2014, mais il veille toujours au plaisir de ses amis. Cette nuit-là, il courtisait une étoile, sur le toit d’un chalet, sa manière à lui de fêter la publication de Bérézina, son raid en side-car dans le sillage de la Grande armée et de Napoléon en fuite.