A 47 ans, Sylvestre Verger est l'administrateur général du Musée du Luxembourg à Paris, qui bat tous les records français d'entrées depuis son ouverture. L'institution est rattachée au Sénat, la haute assemblée parlementaire française. Sa première exposition, Les Chefs-d'œuvre de la collection Rau, a eu lieu au second semestre 2000. Depuis, il a présenté Rodin, Raphaël, Modigliani, Gauguin et les peintres de Pont-Aven, et il prépare une exposition Botticelli pour la rentrée d'automne.

Sylvestre Verger est tombé dans le monde des expositions tout petit. Il est le fils du fondateur d'une des grandes sociétés de transport d'œuvres d'art, l'IAT aujourd'hui disparue. Il a travaillé avec son père et a compris que si l'on sait transporter des expositions, on est aussi

capable de les produire.

Au Musée du Luxembourg, il pratique une logique d'entreprise complètement différente de celle du service public, auquel il reproche au passage de parfois dériver vers le commercial. Il est à la tête d'une PME de 50 personnes. «J'ai une entreprise qui déclare son bilan, dit-il. Tout est vérifié. Je reverse un pourcentage des recettes au Sénat. Je me paie uniquement sur l'argent que je génère, et je trouve ça normal.»