Que les références aux «Saintes Ecritures» soient omniprésentes dans la littérature mondiale, on le sait. Mais elles trouvent des terrains plus favorables que d’autres – l’Amérique puritaine, le monde scandinave... Et, comme le montre avec finesse Sylviane Dupuis dans un essai très élégant, la Suisse romande, et cela jusqu’à la fin du XXe siècle, en dépit d’un agnosticisme croissant chez les auteurs.  Elle cite Ramuz qui, en 1915, voit «une vérité esthétique, si on peut dire, des Evangiles» et met en parallèle les deux mysticismes: «Celui qui mène à Dieu et celui qui porte l’art, ou la poésie.»