1) Oui, cette classe d'âge inclut des lecteurs potentiels, qui sont au gymnase ou à l'université. Ils prennent des habitudes de lecture et peuvent lire beaucoup.

2) La fiction appartient au divertissement: pour le week-end, les gens veulent de l'évasion, des polars. Mais je suis étonnée que les best-sellers ne prennent pas plus de place. Je vends au moins un Gavalda chaque jour! Il y a des engouements, en ce moment le roman de J. E.Bovard.

3) 6% pour le libraire? Oh là là! Je pense que ça dépend du lieu. Depuis que mes locaux sont plus vastes, je vois que certains lecteurs sont plus à l'aise: ils préfèrent l'anonymat, ne veulent pas d'ingérence. Ce n'est pas un bon pronostic pour les petites librairies. Il y a une érosion, comme pour toutes les formes de petit commerce. Mais d'autres clients préfèrent la complicité, l'échange. Le libraire a la cote parce qu'il est d'abord un lecteur. Si son rôle diminue dans le sondage, c'est aussi que 40 librairies ont disparu récemment en Suisse romande.

4) Ce chiffre me paraît faible. Les gens veulent partager leurs parcours de vie, leurs deuils, leurs épreuves. Voyez le succès des éditions à compte d'auteur. Tout le monde a un manuscrit dans sa serviette!