Musique

Sylvie Courvoisier, le corps et le mouvement

Rencontre new-yorkaise avec la pianiste lausannoise, en concert dimanche dans sa ville natale

Son petit agenda est noir de chiffres: 19 février, 76 + 77, 21 février, 72 → 76, 22 février, 22 → 28. Une succession de numéros de mesures, preuves de journées passées à travailler de nouveaux morceaux. Inlassablement, Sylvie Courvoisier «s’entraîne. Mon programme est effrayant», s’amuse-t-elle, installée dans le calme de sa maison au cœur d’un quartier résidentiel de Brooklyn, à New York. La pianiste, compositrice et improvisatrice lausannoise mène une vie d’athlète, millimétrée. «Je répète ou compose jusqu’à huit heures par jour. Je fais en sorte de prendre une pause toutes les 45 minutes», explique-t-elle, pointant un minuteur posé près de son piano à queue. Pour se détendre, une chaise massante équipée d’un dossier à roulettes est posée à proximité. «Mon métier de pianiste, c’est un sport d’élite.»

Comme tout sport d’élite, il s’agit d’être endurant. «J’ai une professeure que je vois toutes les deux semaines pour vérifier ma technique, précise-t-elle. Grâce à ça, je ne me blesse plus.» En spectacle, elle fait filer ses doigts sur le clavier, moyennant le moins de mouvements possible. Elle écrase parfois aussi son poing sur les touches, puis se dresse et pince les cordes à l’intérieur du piano.