Exposition

La table en fête, une histoire en images

Le Musée de Carouge aligne menus et dessins ludiques dans une exposition sur l’évolution des festins

Repas de fête, histoire d’images

Exposition Le Musée de Carouge aligne menus et dessins ludiques

L’exposition qui se tient au Musée de Carouge cet été témoigne du rôle immuable que joue le repas dans le registre de la fête, de la convivialité, d’une certaine communion des esprits et des corps.

Repas de fête réunit par exemple toute une gamme de menus, conservés religieusement, avec une discrète émotion, dans les cartons, les albums. Menus de première communion, menus de mariages, menus de rencontres dans le cadre des sociétés d’étudiants, ou d’événements de politique locale, de commémorations, de simples anniversaires. Menus rédigés avec des touches d’humour, à l’aide de caractères penchés, calligraphiés. Une reconstitution, avec plats et assiettes de faïence, et pièce montée, sous une description empruntée à Flaubert (Madame Bovary), insiste sur le repas de noces, finalement les premières, en importance, de ces agapes.

Bien entendu, l’énumération des plats, parfois nombreux, nous en apprend sur l’évolution des mœurs, à travers la présence, le choix et l’apprêt des aliments. Tandis que les écritures manuscrites, ou imprimées, les illustrations, les orthographes même, suggèrent le recul de la main, l’éloignement des personnes dans la nuit du passé. Plus présents, souvent vivement colorés, les dessins de douze illustrateurs et artistes de la région offrent un contrepoint plus ludique que prétendant au sérieux historique, ou au bonheur esthétique.

L’enfant roi ou papillon

Parmi les meilleurs, une mise en scène en noir et blanc signée Albertine, autour de l’enfant roi, ou enfant papillon, un dessin sobre de Jérôme Stettler, une mise en boîte de Brac, sur le thème du cochon, des fantaisies chromatiques signées Miriam Kerchenbaum ou Philippe Lardy, une installation à quatre mains d’Yvonne Harder et Alice Dunoyer.

La Promesse ou Le Festin dans la forêt joue de la modestie consubstantielle aux enfants des bois, et enfants terribles, version Guerre des boutons, et met sur la table une simple boîte de sardines. Repas de fête en toute liberté et nostalgie enfantine, sur quoi s’achève un parcours à travers les longues heures de festins, l’éclat des voix, le rouge aux joues.

Repas de fête. Balade historique et gastronomique. Musée de Carouge (place de Sardaigne 2, Carouge, tél. 022/342 33 83). Ma-di 14-18h. Jusqu’au 14 septembre.

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