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Frida Kahlo et sa jumelle, celle qu’elle voyait dans le miroir accroché au-dessus de sa tête, lorsque, accidentée, elle peignait dans son lit.
© Elisa Murcia Artengo

Scènes

Les tableaux de Frida Kahlo prennent vie à Genève

Au Galpon, dans un spectacle qui retrace le parcours de l’égérie mexicaine, une artiste ressuscite ses toiles en trois dimensions. Palpitant

Un spectacle dont le décor en mouvement est le cœur battant. C’est la jolie idée qu’a eue Martine Corbat pour évoquer la vie de Frida Kahlo au Théâtre du Galpon, à Genève. Avec la sculptrice et scénographe Yangalie Kohlbrenner, qui recompose à vue et en trois dimensions les tableaux de l’artiste mexicaine, Frida Kahlo, autoportrait d’une femme donne un nouveau relief à ces peintures mythiques. La musique, jouée en direct par Pierre Omer et Julien Israelian transformés en mexicanos canailles ou classieux, constitue aussi un atout de cette création.

En revanche, le ton gouailleur adopté par Martine Corbat pour dérouler le fil biographique de son héroïne percute moins. Il s’agit sans doute pour elle et pour Diego Todeschini, qui compose tous les personnages masculins, d’éviter le pathos qui menace vu le destin tragique du sujet, mais, à la longue, l’apostrophe narquoise fatigue.

Destin hors norme

Frida Kahlo. Tout à son sujet est hors norme. L’artiste incarne la révolution mexicaine de 1910 (à laquelle elle s’est associée en changeant sa date de naissance), l’amour fou et destructeur à travers son union tumultueuse avec Diego Rivera, le corps blessé via sa poliomyélite et cet accident de bus ravageur qui, à 17 ans, l’a laissée mutilée. Et encore la peinture en liberté avec ses autoportraits souvent réalisés dans son lit faute de pouvoir se lever et dans lesquels, avant Louise Bourgeois, la peintre n’hésite pas à montrer les entrailles féminines sur fond de folklore primitif.

Pas facile de se situer face à un tel monument. Et le ton volontiers goguenard choisi par Martine Corbat pour incarner cette pasionaria, d’après le livre de Rauda Jamis, se comprend. Il s’agit de rendre sur scène la part indomptable de l’artiste. Sans doute aussi que les interprétations clownesques par Diego Todeschini des personnages masculins visent à montrer que les hommes rencontrés par Frida ne faisaient pas le poids.

Toile d’araignée ensanglantée

On saisit la logique, mais l’impact ne suit pas. On se lasse de ce défilé satirique des lieux, dates et personnalités – le libidineux Trotski, le déjanté Breton, l’illuminé Picasso, etc. – ayant émaillé le parcours de la rebelle. En revanche, le travail réalisé avec la décoratrice Yangalie Kohlbrenner sur la gémellité et sur les tableaux ressuscités en scène reste de bout en bout palpitant. Le passage de la fausse couche avec un ventre rouge autour duquel se tisse une toile d’araignée aux fils de sang est saisissant. Cette part visuelle restera, quelques chansons aussi, et c’est déjà un bel hommage à la grande Frida.


Frida Kahlo, autoportrait d’une femme, jusqu’au 22 avril, Théâtre du Galpon, Genève.

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