Faut voir

Du tac au talc

Borotalco est une entreprise qui vit avec son temps. Lancée en 1878, la société de talc italienne a bâti son image sur des annonces délicieusement peintes, représentant ici un bébé joufflu, là une pin-up au teint de pêche. Aujourd’hui, elle utilise le phénomène du selfie pour promouvoir ses déodorants; une tache sous le bras qui tend le smartphone ne serait pas du plus bel effet, énonce la publicité qui passe actuellement sur les chaînes helvétiques.

Le selfie, bien sûr, est récupéré en tous sens, politiquement et commercialement. Les accessoires et applications commencent à pulluler. En tête, la perche qui remplace justement le bras tendu. Moins encombrante, la coque pour smartphone en forme de brosse, munie de picots et d’un miroir pour se recoiffer avant la prise de vue. Plus osé, le chapeau à larges bords doté d’un emplacement pour le téléphone et permettant de choisir le meilleur angle. Etc., etc.

Bientôt peut-être, ce seront les vendeurs de shampoing anti-poux qui s’empareront de la pratique pour leurs réclames; l’agence russe de protection des consommateurs a averti lundi que les selfies étaient l’une des causes de propagation des parasites et conseillé de mettre fin à ces autoportraits. Le talc, c’est aussi bien contre les poux, non?