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Tatyana Franck: «Il est vraiment temps de déménager vers le Pôle muséal»

L’actuelle directrice du musée apris ses fonctions en mars de cette année

Tatyana Franck: «Il est vraiment temps de déménager vers le Pôle muséal»

L’actuelle directrice du musée apris ses fonctions en mars de cette année

Samedi Culturel: Que faisiez-vous avant?

Tatyana Franck: Directrice des Archives Claude Picasso.

Quels sont le nombre de collaborateurs et le budget du musée?

35 collaborateurs et un budget d’environ cinq millions de francs, si l’on ajoute celui du musée et celui de la Fondation de l’Elysée.

Vous avez le même âge que le musée. Qu’est-ce que cela vous inspire?

Beaucoup de dynamisme et des projets fantastiques devant nous. La prise officielle de mon poste a coïncidé avec le deuxième concours du Pôle muséal. J’ai découvert les 2 et 3 mars les projets des architectes qui avaient postulé et c’était formidable; ce musée s’inscrit dans l’avenir.

Le projet du Pôle semble beaucoup vous enthousiasmer.

C’est une chance extraordinaire pour le musée et pour la région. Il est temps de déménager. L’actuel musée est une maison, qui n’a pas été construite pour montrer des expositions. Elle a atteint ses limites. Faute de place, nous ne pouvons par exemple pas présenter la collection permanente. Le nouveau lieu offrira de la flexibilité, de la réactivité par rapport à l’actualité, des salles pour la collection permanente ou les grands formats, un accès au public handicapé…

Quelle ambition avez-vous pour le musée?

Je souhaite qu’il devienne une référence mondiale. Il est dans les dix premiers, je veux en faire le meilleur.

Quel est le rôle d’un tel musée?

Il doit être prescripteur. Le fait de repenser les lieux nous permet d’intégrer les nouvelles technologies. Nous serons donc à la pointe sur ces questions.

Quelle stratégie souhaitez-vous adopter concernant la collection?

Sam Stourdzé en a fait un pôle de compétence et cette stratégie s’est révélée fructueuse. Je souhaite poursuivre en ce sens. Le déménagement au Pôle muséal va permettre de tripler la place des réserves et convaincre de nouveaux donateurs.

Quel est, selon vous, le joyau de la collection?

Les plaques Lippmann. Le musée en possède 126 et nous avons un projet avec l’EPFL afin de pouvoir les présenter le mieux possible, puisque leur observation nécessite un angle particulier. Il s’agit d’une invention scientifique remarquable, d’une extrême modernité, et d’un objet merveilleux.

L’exposition que vous rêvez de monter?

Richard Avedon. C’est en projet.

Quid de la photographie suisse?

Nous avons beaucoup de chance, il y a une richesse incroyable de jeunes talents dans le bassin lémanique notamment, du fait des nombreuses écoles. C’est notre rôle aussi de défendre la création locale. Le prochain magazine Else présentera par exemple le travail de Manon Wertenbroek, diplômée de l’ECAL, qui travaille à la frontière entre photographie, peinture et sculpture.

Que gardez-vous de votre prédécesseur?

C’est quelqu’un de dynamique, qui a monté de fantastiques projets comme la Nuit des images. J’entends poursuivre cela ainsi que sa stratégie par rapport à la collection. Et j’aimerais aller plus loin en montrant des expositions basées uniquement sur la collection.

D’où vient votre passion de la photographie?

De la chance que j’ai eue de côtoyer de grands photographes (Tatyana Franck est la nièce d’Henri Cartier-Bresson et de Martine Franck, ndlr), d’être entourée de créateurs et de personnes m’ayant appris à regarder. Mais paradoxalement, c’est le choc subi en regardant une image de Nan Goldin qui m’a donné envie de m’investir dans ce domaine.

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Tatyana Franck

«Je souhaite que le musée devienne une référence mondiale. Il est dans les dix premiers, je veux en faire le meilleur»
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