Ce n'est pas une surprise: Luc Besson est malin. Le producteur et scénariste de Taxi 3 alimente, ces derniers jours, une polémique montée de toutes pièces (par ses services?): ses héros, qui compensent un déficit de virilité en roulant comme des sauvageons, sont-ils vraiment des modèles recommandables pour la France sous P.V. de Sarkozy? Tout en se défendant d'avoir monté ce soufflé mais en apparaissant vêtu d'un tee-shirt «110 km/h», Besson a trouvé, dans le gouvernement Raffarin, le meilleur supporter: un moralisme sécuritaire faussement outré et capable d'envoyer valdinguer une troisième fois la formule Taxi vers les 10 millions d'entrées françaises obtenues par chacun des deux premiers épisodes. Il faut en effet l'appui des hautes sphères pour soutenir ce dernier volet. L'imagination se limite aux trois premières scènes: une apparition surprise de Sylvester Stallone, un générique à la James Bond et des crises de couple pour les deux grands gamins héros (Naceri et Diefenthal qui ne seront décidément jamais nominés au César du meilleur acteur). Puis le bolide retrouve ses pneus usés: misogynie affichée, racisme rampant (après les Allemands, puis les Japonais, une méchante Chinoise en fait les frais), cascades à la Burt Reynolds période déclinante et dialogues indécrottablement beaufs. Va donc chez Speedy!

Taxi 3, de Gérard Krawczyk (France, 2003), avec Sami Naceri, Frédéric Diefenthal.