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Comment «Le Temps» fête la musique

Alors que la rédaction organise ce vendredi une «silent party» ouverte à ses lecteurs, plongée dans les coulisses de la couverture de l’actualité musicale

Lorsque l’auteur de ces lignes a commencé à travailler pour Le Temps au printemps 2015, à la faveur de son rapprochement avec la rédaction de feu L’Hebdo, le quotidien avait tout misé, en matière de couverture musicale, sur le classique. Deux journalistes étaient dédiés à ce qu’on appelle pompeusement «la grande musique», en opposition aux «musiques actuelles», appellation trop générique qui regroupe tout le reste, à l’exception des «musiques du monde», qui ont elles aussi leur label fourre-tout alors qu’elles sont d’une diversité folle – qu’ont en commun un joueur de kora malien, une virtuose chinoise du guzheng et un ensemble de yodleurs appenzellois, si ce n’est leur désir de s’inscrire dans leur culture?

Retour des musiques actuelles

Lorsqu’une nouvelle rédaction en chef bicéphale a repris les rênes du journal au début de 2015, sa première décision a été de réintroduire les musiques actuelles, qui avaient disparu des pages à la suite de coupes budgétaires. Curieux revirement alors que depuis sa création en 1998, Le Temps s’était inscrit dans la continuité du défunt Nouveau Quotidien, privilégiant une approche magazine de la musique et affichant dans ses chroniques des choix marqués.

Retrouvez  tous nos articles consacrés à la musique

Depuis 2017, la présence de la musique dans nos colonnes a été entièrement revue. Le domaine du classique ne compte dorénavant plus qu’une journaliste à 50% ainsi qu’un collaborateur extérieur. Les choix sont dès lors plus marqués, les concerts chroniqués moins nombreux. Il convient de respecter un équilibre entre les grands ensembles, les invités de prestige qui enthousiasment les salles romandes, les festivals et les événements plus modestes mais plus «pointus». Durant l’année le Grand Théâtre de Genève bénéfice d’un nombre d’articles important et Le Temps en est le partenaire média principal, comme c’est le cas durant l’été avec le Verbier Festival et le Gstaad Menuhin Festival, ceci depuis de très nombreuses années.

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Contenus numériques

En ce qui concerne les musiques actuelles, quatre journalistes sont chargés de leur suivi. Une personne à l’interne, un collaborateur à temps partiel ainsi que deux indépendants. Le Temps essaie de se distinguer en ne publiant plus de petites critiques d’albums, mais en privilégiant les formats plus longs. A l’heure où le streaming offre une accessibilité immédiate à des centaines de milliers de titres, la rubrique culturelle préfère raconter des histoires, décrypter plus en détail telle nouveauté, interroger les musiciens sur leur travail plutôt que d’égrener en bref les nouveautés qui abreuvent les plateformes.

Grâce au développement de sa «Digital Factory», Le Temps propose également de nombreux contenus numériques. Il y a deux ans et demi, un jukebox présentait trente artistes suisses à découvrir. De nombreuses vidéos ont été réalisées, des interviews (de Nana Mouskouri à JB Dunckel), mais aussi un format «dessous des textes» – qui a vu les rappeurs OrelSan et Lomepal expliciter leurs paroles – et un ambitieux documentaire racontant la rencontre, au Bénin, entre le trio de rappeurs genevois XTRM Boyz et le Gangbé Brass Band.

Concerts dans la rédaction

La rédaction propose en outre régulièrement des mini-concerts destinés à soutenir l’extrême vitalité de la scène suisse. Des artistes et groupes aussi divers que les sœurs Berthollet, Estelle Revaz, Adieu Gary Cooper, Duck Duck Grey Duck, Elena Duni, Shems Bendali ou Marc Aymon se sont produits devant quelques dizaines de lecteurs privilégiés. Et ce vendredi soir, c’est avec une silent party que Le Temps a choisi de célébrer la Fête de la musique. Plusieurs journalistes et quelques invités surprises seront aux platines pour un événement qui affiche complet.

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