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L’article sur la découverte d’un océan sous la surface de Mars a inspiré un jeu de tir.
© (DR)

Multimédia

«Le Temps» se transforme en petite usine du jeu vidéo

Ce week-end notre journal lançait un défi à 40 gamers: réaliser un jeu vidéo en moins de 24 heures

L’ensemble des jeux produits pendant la Game Jam sont accessibles et jouables via ce lien. Ils seront également présentés le mercredi 22 août au Qwertz à Lausanne (3, rue de la Grotte) à partir de 18 heures.

Réaliser un vrai jeu vidéo en moins de 24 heures? Si si, c’est possible. Cela s’appelle une Game Jam et le principe est très simple. Invitez des développeurs, des artistes, des journalistes, des musiciens et tous types de créateurs dans un endroit clos, donnez-leur un thème, prévoyez de quoi les sustenter et laissez-les phosphorer en solo ou en équipe. Et observez le résultat sur un écran à l’issue de ce marathon ludique.

Pour cet avant-dernier épisode consacré à la créativité suisse – l’une des sept causes défendues par Le Temps cette année –, la rédaction a donc convié dans ses locaux de Lausanne une quarantaine de ces créatifs numériques capables de réaliser un jeu vidéo à la vitesse grand V. Elle ne l’a pas fait seule, mais avec l’aide de Loïc Poisot, Jeremy Gobet et Ivan Gulizia, eux-mêmes développeurs de jeux vidéo et organisateurs de l’étape suisse romande de la Global Game Jam 2019, qui aura lieu en janvier à Genève. «Avec si peu de temps à disposition, les participants doivent aller au plus simple, explique Jeremy Gobet. Il existe désormais beaucoup de logiciels qui permettent de gagner en rapidité. Une plateforme comme Unity permet de gérer des animations, des effets physiques, des dessins en 2D et en 3D sans être un as du codage.»

Le plaisir de participer

Reste à avoir des idées. Le programme qui vous en donne restant encore à inventer, nos journalistes ont sélectionné une dizaine d’articles parus dans Le Temps pour servir de base à chaque équipe dans l’élaboration de son projet. Du «Bitcoin pour les Nuls» à la saga Roger Federer en passant par un reportage à bord de l’Aquarius et un papier sur le boom en architecture des mini-maisons, la sélection est suffisamment variée pour remuer les imaginaires. La découverte d’un lac souterrain sur Mars part fort. Tout comme l’interview du neurobiologiste Stefano Mancuso, qui explique pourquoi les plantes sont plus intelligentes que les animaux. Etonnamment, la disparition en 1450 du dernier des Vikings n’a pas suscité beaucoup d’émotion. On imaginait déjà un side-scrolling à la Ghosts’n Goblins (vieille chose de 1985) avec un musclor du Nord ferraillant ferme pour sa survie. Ce sera pour une autre fois.

Tristan et Jonathan ont choisi l’article sur la tyrannie de la coolitude au bureau. «Il y a deux personnages: un boss qui veut jouer au ping-pong et un ouvrier qui emballe des sardines. Le problème, c’est qu’il faut absolument satisfaire le premier sans se laisser déborder par les secondes», explique Tristan, l’artiste du duo, qui a très vite fixé le look pixel art du jeu. «Nous travaillons déjà ensemble au sein de notre Studio Sharped Stone», continue Jonathan, visiblement rompu à l’exercice. «Une Game Jam n’est pas compétitive, reprend Jeremy Gobet. Il n’est pas nécessaire d’avoir énormément d’expérience pour y participer. On vient surtout pour se faire plaisir et rencontrer du monde.»

C’est le cas de Yasmina, pour qui la Game Jam du Temps est une première. Elle est venue seule en espérant s’intégrer à un groupe existant. «J’aime les jeux de rôles et des titres comme Wario World Mirror Mansion», explique l’artiste, qui peint à l’aquarelle les fonds de Cool Beach Cool, un jeu où des gardiens de plage obsédés par leur apparence doivent quand même trouver le temps d’éviter aux gens de se noyer. «Je suis venue parce que je voulais voir comment un jeu vidéo se fabrique. Et puis aussi pour nouer des contacts. Une prochaine Game Jam? Alors oui, sans aucun doute.»

Fantôme taquin

Dans le fond de la salle de rédaction, un groupe dresse les plans d’une toute petite chaumière construite dans une lanterne. «C’est la flamme qui assure son fonctionnement», explique Qui Cung, à la fois développeur et artiste, qui œuvre avec son groupe de cinq personnes sur ce jeu à la trame poétique. «Pour le joueur, il s’agira de chasser le fantôme taquin qui cherche à tout prix à éteindre ce feu vital.» Il faut maintenant donner un cri à ce mauvais locataire spectral. «Nos cinq voix remixées donnent quelque chose de parfaitement ectoplasmique.»

Le son, justement, un élément capital dans l’élaboration d’un jeu. «Sans lui, il manquerait d’épaisseur», observe Raphaël, qui a travaillé sur des bruits de feuilles qui se froissent et des coups de tampon. Son équipe a choisi de ne pas choisir et d’utiliser les dix thèmes de départ pour élaborer son scénario. «Cela nous semblait logique, vu que nous sommes dans un journal. Le joueur prend le rôle du rédacteur en chef qui doit décider si les nouvelles qu’il reçoit sont vraies ou fausses.» Titre du jeu? «Fake News, forcément.»


Les jeux

Yes Boss!

Auteurs: Tristan Thévenoz et Jonathan Giezendanner

Votre patron veut jouer au ping-pong. Sauf que vous êtes chargé de transporter des caisses de sardines. Comment le satisfaire tout en continuant à assurer la production?

Nuit des lanternes

Auteur(e) s: Joel Espi, Aminata Pierson, Manale Ljuta et Qui Cung

Une petite maison construite dans une lanterne est hantée par un fantôme qui veut éteindre la flamme qui la maintient en vie.

Loch Mars

Auteurs: Elias Farhan et Arthur Thom

Un shoot’em up qui se déroule sur la planète Mars et où il s’agit d’atomiser tout ce qui bouge.

Slapping Sapling

Auteurs: Jean-Yves Schäl, Frédéric Cottier, Pierrick Oggier et Fabien Bourquin

Un arbre subit les attaques de ses prédateurs naturels. Pour les contrer, il doit absolument améliorer ses défenses en levant une armée d’épouvantails.

On a échangé nos chefs

Auteur: Julien Tetart

Donald est à la tête d’un riche empire financier américain. Mais ses salariés ont de la peine à suivre la cadence infernale du boss. Lequel décide d’échanger sa place contre un autre chef qui s’avérera être un ficus.

Fake News

Auteurs: Raphaël Lopes, Fabien Henauer et Aïssa Bovet

A la tête d’un journal, le joueur, dans la peau du rédacteur en chef, doit déterminer quelles nouvelles sont vraies ou fausses.

Mars O2

Auteur(e) s: Alice Kohut, Daniel Escoval, Marc Chappuis et Florian Meyer

Un petit robot a été envoyé sur Mars pour y trouver de l’eau. Au fur et à mesure de sa progression, il va découvrir des objets qui vont lui permettre d’augmenter ses capacités pour ainsi s’enfoncer toujours plus loin sur la planète rouge.

Ultigami

Auteur(e) s: Damyan Kristof, Nicolas Schneider, Laury Cherpit et Jean Stalé

Le joueur démarre sous la forme d’un chat plié en origami à partir des pages du journal. Il va ensuite progresser à travers les dix thèmes proposés pour la Game Jam, jusqu’à devenir le dragon ultime.

Lonely Rover

Auteur(e) s: Brandon Qorri Gonza et Tamara Virag

Abandonné sur Mars, un rover poursuit sa mission d’exploration du sous-sol martien envers et contre tout.

Jimmy et l’espace confiné

Auteurs: Jérémy Gasche, Hadrien Praz, Erih Ahmetaj et Simon Falquet

Enfermé dans un labyrinthe, un petit véhicule doit trouver la sortie en évitant des obstacles et en résolvant des énigmes.

High Seas Profit

Auteurs: Romain Mendez et Alban Favre

Aider le maximum de personnes à traverser la mer en rejoignant sans encombre ses ports.

Cool Beach Cool

Auteur(e) s: Yasmina Boumaraf, Basile Seppey, Hugo Dupraz, Estelle Gattlen et Arnaud Gattlen

Sur la plage, l’équipe des sauveteurs subit la tyrannie du cool. Comment réussir à cultiver cette coolitude tout en empêchant les gens de se noyer?

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