Culture

Le temps des séries TV. Le bonheur est dans le chalet

Le temps des séries TV.

Ces jours de flonflons patriotiques sont idéaux pour évoquer Les Pique-Meurons. Lancée en 1999, arrêtée l'année passée, la sitcom de la TSR est encore bien présente: publication d'un coffret de huit DVD rassemblant la totalité des épisodes, sortie au compte-gouttes dans les kiosques et intégrale sur TSR1 chaque jour de la semaine vers 18h00. A se demander pourquoi la TSR a interrompu la production d'une série qu'on imagine relativement peu onéreuse.

Bien sûr, il serait facile d'ironiser sur ces micro-fictions bien de chez nous, de railler le jeu fraîchement maladroit de Lolita Morena, de fustiger ces historiettes de chalet de montagne qui exhalent les accents locaux et l'humour de terroir. Alors que d'habitude, cette chronique fait l'apologie de séries américaines ou anglaises aux ambitions autrement plus grandes, et dont une seule séquence doit coûter plus cher que la totalité des 48 épisodes des Pique-Meurons, le feuilleton alpestre semble presque déplacé.

Il ne l'est pas. Après tout, la fiction TV s'adapte aux conditions dans lesquelles elle est créée. En particulier les formats courts, qui doivent se déployer sur un argument de base ténu - voir Caméra Café. Avec leurs petites scènes aux dialogues plutôt vifs, leurs interludes sous forme de vignettes d'une montagne idéalisée, les auteurs des Pique-Meurons avaient trouvé un ton. Citadins sûrs que le bonheur est dans le chalet, Léa et Bernard, leur fille Julie et le copain Marco déploient un système de gags où la famille et l'amitié sont décortiquées sans prétention, sans lourdeur non plus. Un bon café-théâtre, rendu sympathique par les pitreries d'Alain Monney et les tronches de Philippe Mathey, sans compter quelques bons invités.

En somme, Les Pique-Meurons auront été à l'image de leur générique, qui montre la voiture familiale, une grosse coccinelle, quitter la ville sous la pluie et gravir une montagne de pacotille. Une fiction rebondie et colorée.

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