A défaut de structures affirmées, la musique suisse a déjà des mécènes. Exclus des bourses traditionnellement dévolues aux répertoires jazz ou classique, les musiciens pop du pays se voient de plus en plus courtisés par le sponsoring privé. Disques financés par des marques de bière ou de cigarettes, concours mis sur pied par une firme de jeans, l'attrait renouvelé des multinationales pour la création suisse est un nouveau gage de sa qualité croissante.

Pilier du sponsoring helvétique, le Pourcent culturel Migros patronne depuis plusieurs années le festival zurichois M4Music, auquel s'adjoint le label Coffee, appuyant quelques formations pop et hip-hop du pays (Posh, Wurzel 5, etc.) Une collusion d'intérêts qui n'effraie pas Marc Ridet, coordinateur de Swiss Music Export. «La Migros agit discrètement et avec une continuité louable. Quant aux autres, je ne pense pas qu'ils soient en concurrence avec nos efforts. Ce sont des coups ponctuels qui ne répondent pas aux vrais besoins de la création suisse. Au contraire, être associé à une marque peut être désastreux pour la crédibilité d'un artiste.»

Participante de la Red Bull Music Academy l'an dernier, plateforme itinérante d'échanges destinée à la culture électro, la DJ genevoise Sonja Moonear nuance: «Par principe, je ne suis pas favorable à ce genre de sponsoring. Mais c'était pour moi l'occasion de faire écouter mon travail, de travailler en studio et de rencontrer des gens de plusieurs pays. A moins d'être pianiste virtuose, en Suisse, les

occasions d'être aidé font cruellement défaut.»

http://www.swiss-music-export.com

http://www2.kulturprozent.ch/coffee

http://www.redbullmusicacademy.com