Si Basquiat (1960-1988) sort du purgatoire à New York, ici, il ne commence qu'à apparaître. La rétrospective qui s'ouvre au Musée d'art moderne de Lugano est la première à lui être consacrée en Suisse. Ce sera aussi l'une des plus importantes à lui avoir été dédiée au plan européen. L'entier de sa brève carrière est évoqué.

Lors de son émergence (1981), la critique – outre les allusions à son écriture de graffiteur et son amitié avec Keith Haring – le situe dans la filiation des expériences énergiques et matiéristes de Cy Twombly et de Jean Dubuffet. Lui-même fait référence à Picasso et à d'autres figures emblématiques, comme la Joconde. Ses admirations vont aussi aux expressionnistes figuratifs américains comme Willem De Kooning.

Enfant de l'immigration, Basquiat est sensible à tous les métissages. Ses toiles à fleur de peau recueillent ses fulgurances sur la drogue, le sexe, l'argent, le racisme (étonnant portrait d'Il Duce, 1982), sur la mort qui guette et le fascine. Une salle concerne spécialement une collaboration avec Andy Warhol et le peintre italien Francesco Clemente, que le marchand d'art zurichois Bruno Bischofberger avait provoquée en 1984.

Jean-Michel Basquiat.

Museo d'arte moderna. Lugano (riva Caccia 5, tél. 058/866 69 08). Ma-di 9-19 h., ouvert les lundis de Pâques et de Pentecôte.

Du 20 mars au 19 juin. Rens. http://www.mdam.ch