C’est une des meilleures plumes du Temps et il poursuit son chemin dans l’écriture romanesque. Christian Lecomte, journaliste de quotidien mais jamais du banal, signe aux Editions Favre un formidable roman, son quatrième. Cellule dormante tient du James Ellroy période Un Tueur sur la route. L’écriture à la kalachnikov de l’auteur, pas celle d’un écrivain russe mais bien celle du fusil d’assaut dont sont équipés tous les rebelles du monde, dessine par ses impacts la silhouette d’un gamin paumé qui va rependre sa vie en main.

Le héros de cette aventure – car c’en est une, même s’il s’agit bel et bien de la trajectoire d’un terroriste – commence dès son plus jeune âge à voir la vie à partir d’un double prisme. Celui de la pensée magique et des mots qui s’agencent comme ceux de la rue à Alger. Le mélange d’arabe et de français crée des onomatopées de douceur et des raccourcis à la fleur d’oranger auquel le livre rend hommage.