Cinéma

Têtes de gondole et ouvrages précieux au Festival de Cannes

La sélection officielle du 72e Festival de Cannes a été annoncée. Elle promet d’être romantique et politique

Dès le 14 mai, sur la Croisette, il y aura des réalisateurs, des premiers films, des Américains, des zombies, des peintres et des peintresses, des mafieux, des chômeurs, des migrants et probablement des ratons laveurs… C’est en tout cas ce que promet Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, qui annonce un menu «romantique et politique», l’amour et le révolte étant le sel de la vie et de la jeunesse éternelle.

Le festival s’ouvre comme promis par Dead Don’t Die, de Jim Jarmusch, dans lequel les zombies jouent un rôle prépondérant face à Bill Murray et Adam Driver. Les dix-huit films inscrits pour l’instant en Compétition rassemblent de vieux habitués comme Pedro Almodovar avec Douleur et gloire, Arnaud Desplechin avec Roubaix une lumière (son premier film policier), Xavier Dolan avec Matthias and Maxime. Il y a même un vieux vieux, Marco Bellocchio (Le traître).

Certains routiniers appartiennent à la classe des «doubles palmés d’or», comme Ken Loach (Sorry We Missed You, un film garanti très kenloachien) ou les frères Dardenne (Le jeune Ahmed, sans doute irréprochablement dardennien). Bong Joon-ho (Parasite) et Terrence Malick (Une vie cachée) apportent une touche de prestige supplémentaire.

Et Tarantino?

Thierry Frémaux file la métaphore. Le festival tient de la grande librairie: il y a des têtes de gondole et puis il faut se pencher pour dénicher sur les rayons du bas des titres plus rares. Comme Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma, avec Adèle Haenel, The Whistlers de Corneliu Porumboiu, jeune prodige du cinéma roumain, Bacurau de Kleber Mendonça Filho (qui avait frappé les esprits il y a quelques années avec Aquarius) et Juliano Dornelles et encore des premiers films comme Atlantique de Mati Diop ou Les misérables de Ladj Ly.

Le festival se réserve toujours la possibilité d’accueillir un film au dernier moment. La section Un Certain Regard sera assurément étoffée dans les jours qui viennent (elle recèle déjà Bruno Dumont et Albert Serra…). «Prématurément annoncé» depuis des mois, le nouveau film de Quentin Tarantino n’est pour l’instant pas à l’affiche. Mais c’est encore possible s’il met les bouchées doubles. Il n’y aura pas de films Netflix, mais c’est parce que la mutinationale du cinéma online n’avait pas de produit intéressant. Le dialogue se poursuit entre la France de la chronologie des médias et le titan américain. Pour se consoler, Elton John sera sur la Croisette le 16 mai pour la première de son biopic, Rocket Man.


La compétition officielle

Douleur et gloire de Pedro Almodovar

Le traître de Marco Bellocchio

The Wild Goose Lake de Diao Yinan

Parasite de Bong Joon-ho

Le jeune Ahmed de Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne

Roubaix une lumière d’Arnaud Desplechin

Atlantique de Mati Diop

Matthias and Maxime de Xavier Dolan

Little Joe de Jessica Hausner

Sorry We Missed You de Ken Loach

Les misérables de Ladj Ly

Une vie cachée de Terrence Malick

Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles

The Whistlers de Corneliu Porumboiu

Frankie de Ira Sachs

Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma

It Must Be Heaven de Elia Suleiman

Sibyl de Justine Triet

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