le temps des séries TV

Deux extrêmes sur TV

C’est l’opposition des extrêmes, ces jours, sur petits écrans. M6 a lancé cette semaine sa nouvelle série, elle qui en produit peu, et le résultat est spécialement niais. De son côté, Arte dévoile un suspense australien tendance WikiLeaks, aussi malin qu’habile.

Pour appréhender la genèse de Peplum, il ne faut pas chercher très loin. Prenons une période historique faste en matière à fiction et en personnages forts, et traitons-la de manière contemporaine. Le feuilleton créé et piloté par Thierry Ardisson se situe donc dans la Rome antique, avec un empereur qui a des problèmes de prise de décision et diverses scènes familiales entre les colonnades ou sur les canapés d’époque. La parole est d’aujourd’hui, l’ado râleuse manie sa tablette en ardoise comme un iPad, et ainsi de suite.

Bien sûr, ces gesticulations doivent tout à Kaamelott. Sauf que n’est pas Alexandre Astier (et ses auteurs d’alors) qui veut. Peplum n’a rien de la faconde qui enrichissait les aventures loufoques des chevaliers de la Table ronde. Elle est privée de cette force du constant sarcasme sur les personnages. Kaamelott trempait la plume dans l’encrier de Michel Audiard, avec des dialogues qui pouvaient s’en réclamer sans rougir, tandis que Peplum s’enfonce dans de puériles chamailleries verbales – en sus, dans un mode de diffusion, en près de 2h30 d’affilée, tout à fait inadéquat.

Sur Arte, The Code aligne plusieurs mérites, à commencer par la manière dont elle poétise le bruit des claviers d’ordinateur. Car il y a beaucoup d’informatique dans cette série due à la scénariste Shelley Birse, qui conte les investigations d’un journaliste sur un scandale environnemental. L’enquêteur est assisté par son frère, autiste mais brillant arpenteur de la Toile, qui va souffrir de ses découvertes.

Proposée en rattrapage par TV connectée, The Code construit une tension efficace, variée, en utilisant aussi les grands espaces, voire le bush. La spécialité nationale, et la couleur, ocre, locale. Pour illustrer les recherches sur Internet ainsi que les irruptions dans des sites en tout genre, surtout les mieux protégés, le réalisateur recourt à des outils déjà classiques mais bien maniés, dont quelques surimpressions sur l’image réelle. Et puis, il y a cette scansion plate mais rythmique des touches des claviers, comme un thème musical accompagnant, enserrant, le suspense.