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«The Crown», biographie royale

Destin exceptionnel et goût pour l'histoire, deux ingrédients qui font de «The Crown» une série de qualité

Netflix a défrayé la chronique cette semaine en admettant que Claire Foy, qui incarne la reine Elisabeth II dans The Crown, était moins bien payée que l’acteur qui campe le prince Philip, Matt Smith. Par ces temps de débats sur l’égalité, l’annonce fait tache. Elle ne bouscule pourtant pas la colossale entreprise de The Crown, qui entrera dans l’histoire pour être le biopic le plus cher jamais réalisé. Chaque épisode de la série créée par Peter Morgan coûte près de 13 millions de francs, un record pour Netflix et pour le petit monde des séries. La troisième saison, qui couvre les années 1970, va être tournée pendant huit mois, là encore un cas inédit.

Ces investissements massifs tiennent certes de la particularité du projet de Peter Morgan, renforcé par la popularité de son sujet, la reine restée le plus longuement au pouvoir de l’histoire britannique. Ce n’est toutefois pas un hasard si cette mise est placée sur une biographie. Le biopic en feuilleton permet de combiner le goût pour l’histoire, très en vogue, et le plaisir de suivre un destin exceptionnel. La durée, atout des séries, offre la possibilité de construire une biographie collective (les Borgia, les Kennedy) ou de partir d’un parcours individuel pour élargir à la tranche d’histoire, ce que fait Narcos. Dans cette vague, qui produit plutôt de bons résultats en TV, The Crown repousse bien des limites en précision, en richesses narrative et géographique, ainsi, tout simplement, qu’en qualité.

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