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The Cure, British Summer Time at Hyde Park, 7 juillet 2018.
© Dave J. Hogan / Getty Images

Musique

The Cure a célébré 40 ans de noirceur new wave à Londres

A l’enseigne du festival British Summer Time, le groupe emmené par l’iconique Robert Smith a célébré samedi, à Hyde Park, les 40 ans de son rock sombre et anguleux

Beaucoup avaient revêtu leurs plus beaux habits du dimanche. Tout de noir, ou par touches partiellement expressives, pour un samedi aussi radieux que caniculaire à l’enseigne du British Summer Time (BST). Un festival où les bars ressemblent aux maisons en carton-pâte d’Eurodisney, qui a débuté la veille avec Roger Waters et s’achèvera le 15 juillet avec Paul Simon. Mais samedi, le BST célébrait surtout au cœur du Hyde Park londonien les 40 ans des mythiques The Cure, emmené par le non moins iconique Robert Smith, dont le dernier album original remonte à 2008.

T-shirts avec épingles à nourrice, short, jupes, bas résille, tops, Dock Martins, etc. Pour cet anniversaire particulier, qui a fédéré quelque 60 000 personnes plutôt enjouées, sans doute grâce à la victoire de l’Angleterre sur la Suède à la Coupe du monde russe, le clin d’œil vestimentaire, new wave ou gothique, était de rigueur. Avec ou sans chevelure grasse hérissée en bataille. Pour les autres, il restait la ferveur de reprendre en chœur quelques-uns des classiques d’un répertoire qui a marqué le rock contemporain.

Deux semaines après avoir passé en revue sa discographie sous le nom de Cureation 25 au Meltdown Festival de Londres, où Smith œuvrait comme curateur cette année, avec raretés et nouvelles chansons, The Cure s’est montré plus classique que chamanique sur la grande scène de Hyde Park ceinturée par deux immenses faux arbres feuillus.

Public britannique et francophone

En deux heures et quinze minutes d’un concert qui a démarré en tout début de soirée, introduit dès 14h par des invités spéciaux tels que Editors, Interpol, Goldfrapp, Slowdive ou Ride, The Cure passe en revue sa discographie. De Plainsong à Desintegration, avant des rappels courant de Lullaby à Killing an Arab via les incunables Boy’s Don’t Cry et Close to Me, le quintet que forme The Cure opère par phases climatiques. Le premier temps du concert n’est pas loin de la perfection, avec un démarrage en douceur, où Robert Smith s’excuse presque d’être là, qui voit Pictures of you, High, puis la paire composée de In Beetween Days et Just Like Heaven atteindre un premier climax que ce public aussi Britannique que francophone reprend soudain en chœur et à tue-tête.

Lire aussi:  Robert Smith: «The Cure rêve toujours d’un album parfait»

Si la magie des visuels du triptyque d’écrans ne prend pas encore en plein jour, la fin de soirée et le début de la nuit sont propices à un deuxième temps plus atmosphérique. Avec des compositions plus étales mais pas moins anguleuses, comme A Forest, Fascination Street, Never Enough ou Desintegration, des toiles d’araignée ou un découpage sur fond rouge et noir des portraits des musiciens emplissant les écrans. Ce ventre mou moins ardent finit par laisser place à un final plus convaincant d’où se distinguent encore Friday I’m in Love, Why Can’t I Be You?, 10.15 Saturday Night ou le plus Jumping Someone Else’s Train.

A 22h30, la messe noire est dite, hélas, et tout le monde est prié de dégager le site. Un épilogue un peu brutal malgré un Robert Smith visiblement ému par sa gigantesque fête d’anniversaire, et qui se remémorait soudain son premier concert, le même week-end, voilà 40 ans, pour l’album Boy’s Don’t Cry. Dans les bars alentour, jusque tard dans la nuit, The Cure continuait en tout cas d’être célébré via des bandes-son dédiées. Jusqu’à quelques after parties spéciales où le culte gothique s’avérait total, de pied en cap.

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