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Maggie Gyllenhaal dans «The Deuce».
© HBO

séries TV

Dans «The Deuce», le sourire de Maggie

«The Deuce» la nouvelle série de David Simon et George Pelecanos, paraît ces temps en DVD. L’actrice Maggie Gyllenhaal y est rayonnante et tragique

L’actrice Maggie Gyllenhaal a un sourire rayonnant – irradiant, même. Lorsqu’elle sourit, le monde ressemble à une prairie rafraîchie par une bise soyeuse. Et puis parfois, les lèvres se courbent un peu, le sourire devient triste, lointain, en partance. C’est ainsi qu’apparaît Eileen, dite Candy, l’un des personnages principaux de The Deuce, qui sort en DVD ces temps.

Sur le trottoir

Créée par David Simon (The Wire, Treme) et l’écrivain de polars George Pelecanos, The Deuce (prononcer «ze dououce») raconte les déboires des fidèles d’une rue de New York, qui donne le titre à la série, au début des années 1970. Vincent (James Franco) tient deux bars et vivote ainsi, tout en devant subir les dettes de son frère jumeau. Les prostituées arpentent le macadam, leurs macs bavardent dans des restaurants pas chers. Candy, elle, est indépendante, et doit résister aux assauts d’un proxénète qui veut mettre la main dessus, au sens économique du terme.

C’est l’ère de la naissance du porno de masse, par le biais des salles très obscures, des bornes de visionnement dans de sordides librairies X, et des nouvelles cassettes vidéo. Candy s’y intéresse: peut-être y a-t-il là un filon qui lui permettra d’échapper au trottoir.

Lire aussi: «The Deuce», le ver dans la Grosse Pomme

La figure de Candy

Mère d’un enfant qu’elle a confié à sa propre maman, femme forte et brisée en même temps, Candy constitue l’un des beaux personnages féminins du moment. Au fil des 10 épisodes, elle traverse de fugaces instants de légèreté, se fait femme d’affaires en gestation, s’écroule, est agressée, perd pied moralement, remonte un peu… Maggie Gyllenhaal porte son personnage avec grâce et gravité, comme si l’enfer, le purgatoire et le paradis n’étaient qu’un minable palais des glaces dans lequel on ne fait que passer d’une pièce à l’autre, du pardon à la faute, de la culpabilité à la rédemption, avec ces ternes miroirs toujours en place.

Chronique faite de multiples tranches de vie – David Simon applique la même recette que dans Treme –, The Deuce, qui aura une deuxième saison, brille par la figure de Candy, et par son sourire.

Notre reportage à La Nouvelle-Orléans: «Treme», dans la ville qui ne coulera jamais

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