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«The Deuce», le ver dans la Grosse Pomme

HBO dévoile ce dimanche la nouvelle série de David Simon («The Wire»), créée avec l’écrivain George Pelecanos, incarnée par James Franco et Maggie Gyllenhaal. Contant l’ascension du porno à New York, elle promet d’être passionnante

C’est posé dès le début, «New York 1971». Deux frères jumeaux, qu’incarne James Franco, galèrent dans les environs de Times Square. L’un vivote de paris et de dettes, l’autre tient un bar en cumulant les jobs. Dans les parages, Candy (Maggie Gyllenhaal), une prostituée vedette du quartier, réussit tant bien que mal à rester indépendante, mais cherche de nouvelles perspectives. Ce sera l’industrie du porno, dans laquelle elle va se lancer, les frères aussi.

Simon-Pelecanos, tandem d’auteurs de choc

Le postulat a déjà de quoi faire saliver, et on double la mise en disant qu’outre les noms des deux acteurs, aussi coproducteurs, The Deuce est cocréée et écrite par David Simon (The Wire, Treme) et son compère, l’auteur de polars George Pelecanos, déjà coupable de quelques scénarios durant The Wire. Une nouvelle association de ces deux fortes têtes ne peut être que prometteuse. Le long pilote (1h30) de cette saison de 8 épisodes confirmera le légitime affolement des amateurs.

The Deuce est dévoilée ce dimanche par HBO, et dès demain sur Teleclub chez Swisscom TV, via OCS. C’est grâce à Teleclub que nous avons pu voir le premier chapitre. Brillant: la reconstitution de l’époque, dans ce quartier de cette ville-là, se révèle passionnante.


A propos de David Simon

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Une trace de «Show Me a Hero»

Comme toujours, David Simon prend son temps, on n’a même pas le contenu du résumé de la série dans cette ouverture; il soigne son réseau de personnages, à la manière de Treme. Et on devine qu’il pose quelques pierres d’une critique sociale, jusqu’aux questions matérielles du logement, par exemple, déjà évoquées dans Show Me a Hero.

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Avec ses deux excellents comédiens, le tandem Simon-Pelecanos semble réussir là où Terence Winter et Martin Scorsese ont échoué, au travers de Vinyl: raconter un pan de l’histoire de New York, ville-monde. Là, elle apparaît vraiment sale, affolante, dangereuse, en déréliction, stimulante… Les prochains chapitres diront si la Grosse Pomme des années 1970 a sa grande œuvre télévisuelle. On tient le pari.

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