Musique

The Divine Comedy, le groupe d’un seul homme

Neil Hannon va enchanter samedi l’Octogone de Pully avec sa pop lyrique et baroque

Il fut un temps, au début des années 90, où l’on pensait que The Divine Comedy allait devenir une des figures de proue de la pop britannique. C’était au moment de l’avènement de la Britpop, mais ce groupe se réclamant d’un classique de la littérature italienne médiévale finira vite par s’effacer au profit de Blur puis d’Oasis. On apprenait en même temps que The Divine Comedy n’était dans le fond pas vraiment un groupe, mais le projet d’un seul homme: Neil Hannon, né en 1970 à Londonderry, Irlande du Nord.

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En 1993, à la sortie du fondateur «Liberation», trois ans après un premier album confidentiel, la dimension lyrique, baroque et orchestrale de la musique de Hannon sidère. Sur scène, le «groupe» est parfois accompagné d’un quatuor à cordes – la mode n’est alors pas encore aux concerts événements voyant des formations rock frayer avec des ensembles symphoniques, ce que The Divine Comedy fera notamment en 2004 au Montreux Jazz avec le Sinfonietta de Lausanne.

Encensé par la presse spécialisée, passant des petits clubs aux salles plus importantes, Neil Hannon devient une star bobo avant les bobos. Mais Dieu que sa pop est belle et solaire, au-delà de ses textes autrement plus élaborés que ceux des frères Gallagher! Et là où la fratrie préside aux destinées d’Oasis en s’insultant mutuellement, le Nord-Irlandais évite sagement, lui, de se mettre en avant. On se souvient de l’avoir vu annuler un concert à la dernière minute, par angoisse de monter sur scène, au moment de son succès grandissant.

Torrents d’émotion

Depuis une dizaine d’années, Neil Hannon se produit aussi bien en formule piano solo qu’entouré de musiciens, comme ce samedi à Pully. A chaque fois, la magie opère, tant son lyrisme incandescent provoque des torrents d’émotion, à l’image de son onzième album, «Foreverland», un disque ample qui évoque Catherine II de Russie et Napoléon et doit autant à la pop qu’au classique. A défaut d’être une figure de proue de la pop, il en est au moins une figure culte.


The Divine Comedy, «Foreverland» (Divine Comedy Recs/Musikvertrieb). En concert le 11 février à Pully, L’Octogone. www.theatre-octogone.ch

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