A quoi tient le statut d’un groupe, finalement? Pourquoi l’un devient culte, tandis qu’un autre sombre dans l’oubli et qu’un troisième essuie moqueries et mépris alors qu’ils font tous plus ou moins partie d’une même famille? Pour faire simple, on dira qu’il est surtout question d’énergie, d’implication et d’authenticité – c’est pour ça, par exemple, que Motörhead suscite l’admiration générale en dépit de disques somme toute moyens.

Les Flaming Lips évoluent dans la première catégorie depuis leurs débuts en 1983, aux côtés de foule de génies incompris, d’imposteurs et de losers sympathiques. Ça s’est sans doute joué à peu de choses. Ils viennent d’Oklahoma, déjà. Seraient-ils nés à Portland ou à Seattle que pas grand monde ne les aurait regardés, aveuglé par la valeur de la concurrence. Et leur gestion de carrière foutraque les a bien aidés, comme si tout faire pour fuir le succès populaire était un passage obligé.