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rock

The Kills, des tueurs sans panache

Les très glamour Alison Mosshart et Jamie Hince reviennent sur les papiers glacés et dans les bacs avec un quatrième album qui s’éloigne de la concision rock des origines.

Genre: Rock
Qui ? The Kills
Titre: Blood Pressures
Chez qui ? (Domino/Musikvertrieb)

Comment se porte le rock à guitare? Que devient cette mouvance resurgie miraculeusement au début des années 2000, qui a fait du retour des sonorités crasseuses, du riff saturé et de la métrique martelante autant de dogmes indérogeables? L’état des lieux s’impose comme par réflexe à chaque fois qu’un illustre représentant de cette secte donne de ses nouvelles. Sans doute parce que ce paysage n’a cessé de se dégrader ces derniers temps et parce que ses ­figures les plus palpitantes ont depuis fait naufrage quand elles ne sont pas à l’agonie, la question garde toute son acuité avec la sortie de Blood Pressures. Le quatrième album du duo le plus ­glamour de la famille est attendu et il tombe à point nommé.

Il permet de boucler la visite des pièces, qui se solde pour l’instant avec la disparition des White Stripes, annoncée officiellement il y a quelques mois, et avec la débandade des Strokes, dont le dernier album (Angles) ressemble à un champ de ruines. Quant aux Kills, il faut passer par un constat, tout d’abord: leur pouvoir d’attraction et les fantasmes de toute sorte qu’ils suscitent gardent une persistance solide, cristallisée sur les magazines en papier glacé bien avant la sortie de Blood Pressures. Que le duo dépasse son strict domaine de compétence, que son image revête autant d’importance que sa musique (brouillage des pistes avec un jeu permanent entre les lignes de la transgression et des paillettes), cela est un fait qui date des origines, quand cette entité s’imposait une première fois en 2003. Depuis, les ponts avec le monde du fashion n’ont cessé d’unir les guitares de Jamie Hince (compagnon de Kate Moss) et la voix éraillée de la fatale Alison Mosshart.

En ôtant l’emballage doré qui accompagne le groupe, reste la musique de Blood Pressures qui, elle, n’a pas toute à fait le même éclat reluisant. Le problème avec les Kills – et cela vaut pour tous ceux qui ont débuté leurs aventures avec un chef-d’œuvre –, c’est qu’on attend d’eux la réédition du coup de maître des débuts, Keep on Your Mean Side (2003). Le duo n’y est jamais parvenu et les raisons sont multiples. On évoquera la plus importante, qui est plus que jamais d’actualité avec ce quatrième album: la perte de ce savoir-faire artisanal, de ce sens du bricolage qui donnait aux premières chansons une urgence, un souffle renversant avec des moyens réduits à l’essentiel (une guitare, une machine à rythmes).

Aujourd’hui, The Kills surproduit en saturant artificiellement ses sons, il tourne en rond avec des lignes mélodiques aux airs de déjà-entendu (l’insipide «DNA»). Ailleurs, il s’essaie à de nouvelles pistes, qui étonnent à défaut d’être tout à fait convaincantes. On découvre alors un Jamie Hince dans un costume trop grand pour lui, celui de John Lennon («Wild Charms»), ou une Alison ­Mosshart qui tente de se rapprocher de l’inquiétant White Chalk de PJ Harvey («Last Goodbye»).

Le rock à guitare allait mal. Sans le savoir, The Kills l’ont peut-être tué définitivement.

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