C’était en 2001. En un album, Is This It, The Strokes ravivait une excitation qu’on croyait perdue pour le rock, ouvrant la voie à une génération de gamins à guitares, parmi lesquels Arctic Monkeys. Depuis? Les Américains ont principalement déçu, courant depuis First Impressions of Earth (2006) après la formule qui les avait trop vite fait consacrés «meilleur-groupe-électrique-du-nouveau-millénaire». A l’annonce de la sortie de The New Abnormal, dévoilé le 11 avril dernier, c’est dire si on était peu emballé. Erreur. En neuf chansons produites pas l’immense Rick Rubin, Julian Casablancas et sa clique remettent à plus tard leur obsolescence programmée.

La dernière image qu’on conserve des Strokes n’est pas à leur avantage. Programmés au Montreux Jazz en 2006, les New-Yorkais montaient en traînant les pieds sur la scène du Miles Davis Hall (l’actuel Lab) pour commencer un récital pâteux, privés de toute envie de cogner. Révolte du public alors, qui finit par forcer le groupe à faire ce pour quoi on s’était déplacé: convoquer l’urgence et non s’abêtir dans les poses.