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«The Terror», glaçante expédition

Rattrapage pour un week-end post-caniculaire: la série inspirée par un roman de Dan Simmons, qui raconte la perdition d’explorateurs et soldats dans la banquise canadienne, offre de forts frissons

Puisque la chaleur devrait refaire une poussée, il est temps de prendre une mesure radicale et rejoindre la banquise. Parmi les nombreuses pistes de rattrapages d’été, The Terror offre d’abord l’avantage du dépaysement: la série, proposée par Amazon, se déroule dans l’Arctique.

L’histoire: boîtes de conserve et créature maléfique

En 1845, deux navires britanniques, l’Erebus et le Terror, se lancent à la recherche du passage du nord-ouest, qui doit relier les océans Atlantique et Pacifique par une traversée au nord de l’actuel Canada. Pris dans les glaces, les capitaines ont décidé de rester l’hiver, en attendant un hypothétique adoucissement, non loin de l’île du Roi-Guillaume, à l’ouest de l’immense baie d’Hudson, au Québec.

Les marins-soldats tombent malades les uns après les autres. C’est le scorbut, mais aussi une infection inconnue, qui serait due aux boîtes de conserve. Dans l’environnement, l’attitude des Inuits laisse les hommes sur leurs gardes. Pis, une puissante créature rôde dans les parages, et ne tarde pas à attaquer.

Une autre piste de rattrapage (danoise, mais moins frigorifique): «Bankerot», dernier restaurant avant le début du monde

Dan Simmons s’est inspiré d’une réelle expédition

The Terror est créée par David Kajganich et Soo Hugh sur la base d’un roman du poids lourd de la science-fiction Dan Simmons. Il s’inspirait de l’histoire de l’expédition Franklin, 1845, dont on n’a retrouvé que quelques corps, bien plus tard.

A propos de «Flashback», récent roman de Dan Simmons: Les lendemains qui déchantent

Le pari est réussi parce que les auteurs, au long des 10 épisodes, opèrent le bon dosage entre l’horreur surnaturelle et l’aggravant facteur humain. Dès le moment où les équipages doivent quitter les navires, dans ce monde de montagnes glacées, la panique devient permanente. Et les tensions entre les groupes, les tentations de fuir, se multiplient. La rigide hiérarchie paraît craquer, puis se réaffirme, puis cède… La figure du monstre ne fait qu’accentuer la pression sur ces hommes en perdition.

En plus, la série est servie par de solides acteurs aux commandes des équipages, même si l’un d’eux disparaît trop vite. Jared Harris (Mad Men, The Crown, entre tant d’autres), Tobias Menzies (The Crown aussi, Game of Thrones, The Night Manager) et Ciarán Hinds (Rome, Game of Thrones) constituent un trio de vieux briscards des grand et petit écrans qui garantissent les frissons, dans les glaces.


Le billet de blog d’Emilie Jendly: The Terror: expédition aux frontières de l’humanité

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