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On voit un masque de protection à la 9e minute du premier épisode de The Valhalla Murders, c’est un masque FFP2 de marque 3M, mais pas de panique: il est porté par une membre de la police scientifique qui doit analyser le corps d’un homme massacré par 50 coups de couteau, et dont on a crevé les yeux. La routine. Aucune pandémie à l’horizon.

The Valhalla Murders a ses ténèbres, ses suspenses et ses violences, mais elle apparaît surtout, peut-être en raison du climat ambiant, comme une œuvre rassurante. Elle prouve, s’il le fallait encore, que le polar nordique constitue définitivement une valeur sûre.

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L’histoire: des meurtres liés à un home pour enfants

Non loin du port de Reykjavík, un soir de dérives éthyliques, un homme est retrouvé mort avec, donc, un grand nombre de blessures. Il y aura d’autres victimes avec, à chaque fois, cet acharnement particulier sur les yeux. A propos de vue, il apparaît qu’une photo relie les victimes, elle renvoie à Valhalla, un lieu-dit qui accueillait naguère un hospice pour enfants abandonnés. Où se sont déroulées des horreurs, qui expliquent sans doute le soudain déchaînement de violence.

Pour mener l’enquête, Kata (pour Katryn, portée par l’excellente Nína Dögg Filippusdóttir), à laquelle on colle un renfort venu d’Oslo, Arnar (Björn Thors). Les recherches se concentrent toujours plus sur cette tranche d’histoire maudite, et ses enfants maltraités alors qu’ils devaient être sauvés.

La thématique, qui parle aux Suisses, eux aussi marqués par des placements forcés et rapts d’enfants au nom de l’Etat, est forte dans les pays scandinaves et en Islande. Le Danemark a aussi eu ses sombres pages en la matière, que Jussi Adler-Olsen a notamment abordées durant sa saga du Département V, dans Dossier 64.

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Les beautés d’Islande

Poursuites dans de vieilles usines glacées, scènes au pied d’immenses navires dans les docks, Islande enneigée, longues routes au pied des montagnes volcaniques: le décor est parfait, dosé de manière adéquate pour disposer les moments du suspense.

Créée par Thordur Palsson avec une grappe de scénaristes, The Valhalla Murders, coproduite par la TV publique islandaise et Netflix, joue la carte du classicisme sans aucun complexe. En passant, elle consolide la position de l’Islande sur la carte mondiale. L’île produit des séries depuis longtemps, mais elle avait de la peine à exporter jusqu’à Meurtre au pied du volcan, en 2014, et surtout jusqu’au thriller Trapped, dù à Baltasar Kormákur. Cette fois, une entreprise islandaise prend pied dans la cour des grands du «nordique noir», le polar septentrional.

En ces temps où le monde semble s’affaisser, la solidité du glauque glacial prend une grande valeur. Se plonger dans un bon polar scandinave ou islandais, en ouvrant le gros bouquin ou en allumant l’écran, devient un geste majeur de cocooning morbide. The Valhalla Murders offre de la trame de policier au froid avec sens de la tradition, talent et fiabilité.

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The Valhalla Murders. Série en huit épisodes disponible sur Netlfix.