Série TV

«The Walking Dead», en gore et en gore

Diffusé mardi dans la nuit sur la RTS, le premier épisode de la 7e saison choque par son hyperviolence. La série «The Walking Dead» fait parler d’elle, mais n’est-ce pas là son chant du cygne?

Mais quelle mouche a donc piqué les auteurs de «The Walking Dead»? La série de zombies ne fait certes pas dans la dentelle. Mais depuis mardi soir, avec la diffusion du premier épisode de la saison 7 sur la RTS, le spectateur se dit que les choses vont quand même un peu trop loin. La fin de la 6e saison avait laissé les fans exsangues ignorant la tête de quel héros le psychopathe Negan allait fracasser à coups de batte de baseball. Ils savent désormais les cervelles de qui (oui il y en a deux) ont été mises en bouillie. Sauf que les scènes de supplice sont tournées avec un tel luxe de détails gore que le malaise monte devant l’écran de sa télévision. Au point de se demander à qui s’adresse désormais cette série dont une huitième saison est d’ores et déjà annoncée.

On n’est pas les seuls à se poser la question. Sur les réseaux, la bataille est rude entre les pro et les anti, entre ceux qui trouvent que dans le fond cette hyperviolence appartient au cahier des charges du feuilleton et les autres pour qui des types énucléés ne font pas forcément avancer le schmilblick. D’autant que pour le coup, les morts-vivants jouent dans cet épisode de 46 minutes les utilités.

Des productions autrement plus ambitieuses

Le problème tient aussi au fait que «The Walking Dead», qui tient la corde en termes de popularité télévisuelle, doit désormais régater avec une foultitude de productions autrement plus ambitieuses que de suivre les errances d’un groupe de survivants qui se découpent en Apericubes. «Westworld» (avec Anthony Hopkins en démiurge de la robotique), «The Young Pope» (avec Jude Law en pontife torturé), «The Night Manager» (avec Hugh Laurie, ex-Docteur House, en trafiquant manipulateur), «The Get Down» (avec Baz Luhrmann en metteur en scène grandiose du hip-hop naissant) proposent des nouveaux modes de narration, d’autres manières de filmer.

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Mais il y a un autre écueil plus difficile à résoudre qu’une simple affaire de scénario et de caméra. Comme «Game of Thrones», «The Walking Dead» est l’adaptation d’une œuvre sur papier (une saga littéraire pour le premier, un «comics» pour le second) qui se poursuit en parallèle et dont le cercle des aficionados constitue un noyau extrêmement dur. Pas question de décevoir ces fans ultimes qu’il s’agit de nourrir par litrons d’hémoglobine. Ce sont eux qui font le succès de ces sagas. Et provoquent le doux tintement du tiroir-caisse.

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