Cet été, le festival de théâtre Malacuria a quitté la vieille ville de Sion pour se mettre au vert. C'est au cœur du luxuriant Domaine des îles à Sion, que le théâtre élisabéthain, emblème de la manifestation, se dresse fièrement dans la lumière des torches. Le festival à proprement parler s'est déroulé du 27 juillet au 6 août avec quatre spectacles à l'affiche dont deux accueils: une première. Tout comme la tenue de cinq stages de formation aux techniques du théâtre. Catherine Sumi, qui dirige la manifestation avec Jacques de Torrenté, souhaiterait que cet «esprit festivalier» souffle encore davantage: «Le festival pourrait devenir une plate-forme de l'activité culturelle de la région. Le domaine des îles se prête parfaitement à cela. Le théâtre de Valère, le Petit théâtre, le Dolmen Jazz festival pourraient être associés», imagine le metteur en scène.

Pour le moment, 3200 personnes ont suivi ces premiers dix jours. Les deux productions Malacuria restent à l'affiche jusqu'au 2 septembre: Novecento d'Alessandro Baricco avec Pierre-Isaïe Duc mis en scène par Denis Rabaglia et Arlequin serviteur de deux maîtres de Carlo Goldoni. La comédie du maître vénitien est ici servie par une distribution de comédiens professionnels et amateurs. Malgré quelques moments comiques réussis, le spectacle peine à trouver une énergie porteuse. Roland Vouilloz porte le masque du serviteur. Le comédien – remarquable Antiochus au théâtre Arsenic à Lausanne la saison passée – a choisi de camper un Arlequin désarmant de douceur enfantine. Ce choix est pertinent. Dommage que la mise en scène n'ait pas su tirer parti de cette belle proposition. L'interaction avec les autres personnages reste trop en friche et notamment l'effet de révélateur que provoque ce candide rusé. Les rires viennent aussi de Pantalon, joué par Jean-Luc Borgeat, tout en mimiques roides.

Arlequin, serviteur de deux maîtres. Festival Malacuria, Domaine des îles, Sion. Rens. 027/ 322 96 22. Jusqu'au 2 septembre.