Des metteurs en scène qui sont autant écrivains que plasticiens. La décennie est marquée par des artistes qui conçoivent la scène comme un tableau, quitte à sacrifier parfois le texte.

1 Stifters Dinge (2007) de l’Allemand Heiner Goebbels. La beauté du monde saisie par un alchimiste de la scène: aucun acteur, mais cinq pianos désossés et machinés.

2 Genesi ( 2000) de l’Italien Romeo Castellucci. Une femme mutilée, un Adam squelettique, un chien errant: l’artiste rejoue la naissance du monde en images savantes et saisissantes.

3 Illusions comiques (2006) du Français Olivier Py. L’auteur et metteur en scène se rêve poète de la nation. Irrésistible.

4 Quando l’uomo principale è una donna (2004) du Flamand Jan Fabre. Une danseuse nue dans un bain d’huile: l’artiste affirme sa veine provocatrice.

5 Umwelt (2004) de la Française Maguy Marin. Dix danseurs fantômes dans un vrombissement apocalyptique.

6 Au revoir parapluie (2007) du Français James Thierrée. Le petit-fils de Charlie Chaplin danse en funambule sur les ruines des cirques anciens. Enchanteur.

7 After Sun (2002) de l’Argentin Rodrigo Garcia. Le ketchup coule à flot: la société de consommation en morceaux saignants.

8 Rwanda 94 (2000) . Le Belge Jacques Delcuvellerie remonte aux origines du génocide. Quatre heures de théâtre documentaire.

9 Littoral, Incendies, Forêt (2009) de Wajdi Mouawad. L’auteur libano-canadien aborde l’histoire du XXe siècle à hauteur de traumatisme intime. Bouleversant.

Åê Ode maritime du Français Claude Régy (2009). L’acteur Jean-Quentin Châtelain dit le large selon Pessoa.

En Suisse

1 Le Cercle de craie caucasien (2001) de Benno Besson. Brecht retrouve sa liberté grâce à un metteur en scène galopin.

2 Les Fourberies de Scapin (2009) d’Omar Porras. L’artiste colombien offre une lecture tonitruante de Molière.

3 The Moebius Strip (2001) de Gilles Jobin. Cinq danseurs se faufilent dans une nuit à colimaçon.

4 On ne badine pas avec l’amour (2004) de Jean Liermier. La cruauté de Musset et la griffe d’un metteur en scène qui s’affirme.

5 Optimistic/Pessimistic (2005) d’Oskar Gomez Mata. L’artiste pointe les apories du discours politique dans un spectacle ravageur.