Comment raconter la vie de quelqu’un autrement que par un roman? En refermant Le Magicien où Colm Toibin suit le parcours de l’écrivain Thomas Mann – de l’enfance à Lübeck dans les années 1880 aux dernières années zurichoises, en passant par la Première Guerre mondiale, ses chefs-d’œuvre les plus connus (Mort à Venise, La Montagne magique), le Prix Nobel de littérature en 1929, l’accession d’Hitler au pouvoir, l’exil aux Etats-Unis –, on se dit que toutes les biographies devraient être romancées. Que seule la fiction permet de faire miroiter à ce point les mille nuances d’un être, de s’approcher de sa vérité tout en conservant, dans le même mouvement, son mystère.