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Thomas Sandoz: «Travailler comme un artisan»

Thomas Sandoz vit à La-Chaux-de-Fonds. Il a écrit quatre romans dont «La Fanée»(G d’Encre) et «Même en terre» (Grasset), journal tout en émotions contenues d’un jardinier du carré enfants d’un cimetière

Thomas Sandoz vit à La-Chaux-de-Fonds. Il a écrit quatre romans dont «La Fanée» (G d’Encre) et «Même en terre» (Grasset), journal tout en émotions contenues d’un jardinier du carré enfants d’un cimetière.

Samedi Culturel: Qu’est-ce qui vous a conduit à l’écriture?

Thomas Sandoz: La lecture. J’ai grandi sans la télévision. J’ai vite beaucoup lu pour m’évader. Un lecteur a envie un jour ou l’autre d’écrire. Tout comme parmi les téléspectateurs de l’Euro vous trouvez beaucoup de gens qui jouent au football même très modestement, en bas de chez eux ou dans des petits clubs.

Comment avez-vous appris?

Par l’expérience. C’est un cheminement personnel constant, jamais achevé. Si l’Institut littéraire de Bienne avait existé quand j’ai commencé à écrire, je m’y serais inscrit sans hésiter. J’ai perdu énormément de temps à faire le cheminement tout seul. A explorer des voies qui n’étaient pas pour moi. Plus je vieillis, moins je crois à l’image romantique de l’écrivain qui se fait dans la solitude. Oui, on peut apprendre à écrire. Cela n’enlève rien à la richesse de l’expression, ni ne gomme le ton personnel. Bien au contraire. Il existe des règles qu’il est bon de connaître. Pour ma part, chaque manuscrit refusé a été une source d’apprentissage.

Avez-vous une discipline de travail?

Chaque matin, je vais à ma table comme l’artisan va à son établi et je fais mes phrases. Je crois à l’accumulation du temps passé sur le matériau littéraire. Le coup de main, la patte, la créativité viennent par l’exercice de la répétition. C’est ce qui me porte et m’encourage chaque matin.

Un conseil à donner à quelqu’un qui débute?

Se méfier de soi-même. Travailler. Et lire, lire énormément. De tout. Des grands maîtres, anciens, actuels, de moins bonnes choses aussi. Pour déceler les réussites et les défauts et pour se positionner. Il est bon de lire un contrat d’édition type et de connaître la base du droit d’auteur. Cela évite les faux espoirs, les fausses attentes.

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