Pour ses 60 ans, le Club 44 de La Chaux-de-Fonds s'offre un coup de jeune. Thomas Sandoz, 36 ans, a été retenu parmi une soixantaine de candidats pour succéder à Michel de Perrot au poste de délégué culturel de l'institution. Ecrivain, épistémologue et docteur en psychologie, ce Chaux-de-Fonnier a fait l'unanimité du jury à l'heure du choix. Il faut dire que l'auteur de La Vraie Nature de l'homéopathie et de Derrick – L'ordre des choses ne manque pas d'atouts. Bien introduit dans les milieux culturels et associatifs, touche-à-tout, vulgarisateur de talent, il est aussi «authentique, abordable et spontané», selon les termes du président du Club 44, Christian Geiser.

Touche populaire

Flatté par la confiance qui lui est faite, Thomas Sandoz a hâte de se mettre au travail. Il précise toutefois avec humilité qu'il doit d'abord «apprendre son nouveau métier». Il profitera pour cela de l'expérience de Daniela Agustoni-Steiner, ancienne déléguée culturelle adjointe, qui assure l'intérim depuis le début de l'année. Il faudra donc attendre le début de l'été pour que ce jeune homme aux faux airs de Pascal Auberson – à qui il a écrit une chanson – apporte sa touche personnelle dans ce haut lieu de la vie culturelle des Montagnes neuchâteloises.

Créé en 1944 par Georges Braunschweig, le fonctionnement du Club 44 ne devrait pas connaître de révolution. Après avoir accueilli Jean-Paul Sartre, François Mitterrand et Peter Ustinov, entre autres, il continuera à jouer son rôle de centre d'information, de débats et de rencontre. S'appuyant sur ce riche passé, Thomas Sandoz veut rendre les locaux de la rue de la Serre plus conviviaux et attractifs. Il souhaite aussi doter le Club 44 d'un site Internet digne de ce nom et resserrer les liens avec les milieux culturels et associatifs de la région. «A plus long terme, j'espère attirer un plus large public, confie-t-il. Cela passera notamment par l'organisation de conférences un peu plus «populaires».»

Associées au profil «plutôt guitare électrique que flûte traversière» de son délégué culturel, ces mesures devraient participer à dépoussiérer l'image du Club 44. Engagé à 50%, le pétillant épistémologue pourra en outre continuer à lutter, plume en main, contre la tentation de certitude de ses lecteurs. «En travaillant à temps partiel, j'aurai du temps pour continuer à être écrivain en parallèle, se réjouit-il. Ça me permet aussi de continuer à m'occuper de mon fils, ce à quoi je tiens énormément.»