Ala veille de la commémoration des 40 ans de la mort d'Edith Piaf, le 11 octobre 2003, six chansons inédites auraient été exhumées des archives de la Bibliothèque nationale de France. La nouvelle, révélée mardi matin sur les ondes de France Inter et reprise par l'Agence France Presse, mentionne des titres captés au début des années 40 pour la firme Polydor (Universal aujourd'hui). Avant que la Môme ne rejoigne définitivement le giron de Columbia (Sony) dès 1946. Il s'agit de deux morceaux cosignés par Piaf et sa fidèle compositrice Marguerite Monnot datant de janvier 1943 («C'était si bon» et «Je ne veux plus faire la vaisselle»). La paternité des trois autres titres immortalisés la même année («La valse de Paris», «Chanson d'amour» et «Ces mains») n'est, elle, pas encore connue. Contrairement à ce qui a été dit mardi, la dernière chanson retrouvée n'est pas un titre inconnu: il s'agit de la première version du célébrissime «L'accordéoniste» de Michel Emer – enregistrée le 5 avril 1940 et baptisée jadis «La fille de joie est triste». Selon Le Figaro d'hier, elle fait partie d'un lot de dix-sept versions inédites, constituant toutes des moutures de chansons existantes, non retenues par Piaf et son entourage pour figurer sur un 78 tours.

Morceaux libres de droits

Ces perles ont été retrouvées grâce à Eric Didi, collectionneur et spécialiste des rééditions, qui en réclame la propriété. Or, comme elles sommeillent depuis plus de cinquante ans, toutes ces chansons appartiennent aujourd'hui au «domaine public» français. Et sont donc libres de reproduction sans que personne ne puisse y objecter quoi que ce soit ni se voir rétribuer. En 1998, une série d'inédits avaient déjà été publiés. Tous ces titres proviennent en réalité des encombrantes matrices de cuivre que l'on gravait à cette période et dont les maisons de disques ont voulu se débarrasser par la suite auprès de ferrailleurs, avant que la Bibliothèque nationale n'ait vent de la transaction et ne les rachète. Les enregistrements d'Edith Piaf n'appartiennent donc ni à la maison de disques Universal qui envisage une intégrale Piaf à l'automne, ni à Eric Didi. Selon Le Figaro toujours, l'annonce d'Eric Didi de «sa» découverte aux médias ravive la tension entre lui et Universal.