Musique

Tobias Preisig, au violon la liberté

Le musicien zurichois établi à Berlin a publié un album solo, au charme hypnotique. Il se produit dimanche au festival Antigel

Les matins de réveillon, il se levait tôt pour voir son père s’habiller en femme. Boutonner le chemisier blanc, lacer le corset, nouer le tablier crocheté sur une jupe ample, puis ajuster dans la pénombre et le froid un masque de poupée maquillé de rouge. Chaque Nouvel An païen d’Appenzell, il passait en costume d’un palier à l’autre pour chanter un yodel si profond, si animé, que trente ans plus tard, Tobias Preisig en a encore la chair de poule.

Cela fait longtemps qu’on voit Tobias passer, un violon sur le dos, le cheveu gominé, une demi-barbe d’enfant grandi, l’allure faussement négligée, parfaitement urbain en toutes choses, Zurichois établi à Berlin, on n’imaginait pas forcément que sa musicalité venait de là. «J’ai grandi en ville, mais ma famille est originaire d’Appenzell. Mon père jouait de l’accordéon, mon grand-père de la contrebasse. J’ai commencé à jouer à 7 ans. Même quand je ne savais pas articuler une seule note, je les accompagnais.»