Scènes

 Tom Sawyer, soixante enfants chantent et dansent sur ses traces

Au Café-Théâtre de Barnabé, à Servion, le célèbre roman de Mark Twain est transposé en comédie musicale tout public. A découvrir dès ce vendredi 30 août

C’est un des romans initiatiques les plus connus et les plus lus de la planète. Dès ce vendredi, le public romand pourra découvrir une version dansée et chantée des Aventures de Tom Sawyer, de Mark Twain. Entre bluegrass, country et gospels, soixante enfants vont ressusciter l’Amérique d’avant la guerre de Sécession, au Café-Théâtre Barnabé, à Servion. Mais pas question de flirter avec les fantômes du racisme ou du sexisme en vigueur à cette époque, prévient Céline Rey, auteure du livret. «Nous avons donné une nouvelle profondeur au personnage de l’Indien, le criminel, et à Becky, la petite amie de Tom, pour aller au-delà des clichés.» Direction le Missouri, sur les traces de l’orphelin sans peur.

Le Temps: Pourquoi avoir choisi de monter «Les Aventures de Tom Sawyer»?

Céline Rey: Pour contraster avec le caractère sombre de Gavroche, notre production de l’an dernier, à laquelle les élèves de l’Ecole de comédie musicale de Moudon ont aussi participé. Tom Sawyer est plus gai, plus insouciant et propose un décor de l’Amérique rurale de 1800 très dépaysant.

Justement, le roman de Mark Twain enchaîne plusieurs aventures dans plusieurs lieux. Comment transposez-vous en scène cette diversité?

Nous avons quatre décors fixes signés Alain Jacot: la ville fictive de Saint-Petersburg, un bateau à aubes typique du Mississippi, la maison de la tante Polly qui élève Tom Sawyer et la cabane de Huckleberry Finn, le vagabond et meilleur ami du héros. Ensuite, d’autres lieux comme le cimetière ou la grotte sont créés par des effets, notamment des effets de lumière. Pour la musique, nous reprenons des thèmes connus de bluegrass, de country et des gospels, tandis que Fabrice Pasche compose des airs de transition dans le même esprit.

Dans cette saga, le personnage de l’Indien est un meurtrier et un voleur. Cette vision stigmatisante n’est-elle pas problématique aujourd’hui?

Bien sûr, d’ailleurs le roman est beaucoup décrié pour cette raison. On ne peut pas modifier l’histoire dans laquelle Tom Sawyer part à la recherche du trésor volé et caché par Injun Joe, l’Indien, mais, par contre, dans son solo, ce personnage explique pourquoi il a commis ce meurtre et dit aussi à quel point il souffre d’être chassé de cette terre qui lui est chère. De la même manière, on a donné une nouvelle profondeur à Becky, la petite amie de Tom. Dans la comédie musicale, elle fait plus avancer le récit que dans le roman original.

Le gros enjeu de cette création, ce sont les soixante enfants qui y participent. Comment dirige-t-on de si jeunes interprètes?

Ces enfants sont déjà à bonne enseigne, puisque ce sont tous des élèves de l’Ecole de comédie musicale de Moudon emmenée par Ursula Perakis Roerich. Ils ont répété une fois par semaine durant l’année scolaire et à plein temps durant le mois d’août. C’est un gros investissement, mais comme ce sont des interprètes très motivés, le travail se déroule dans la détente.

Avez-vous fait un casting pour savoir qui interpréterait Tom, Huck ou Becky, les rôles principaux?

Pas pour Tom, car Jules Ménétrey s’imposait dans ce rôle. Mais pour Becky et Huck, oui. Les enfants ont dû préparer une chanson et des bouts de texte en vue d’une audition. Ces auditions sont très intéressantes pour nous, jury de sélection, car en confrontant nos points de vue et nos idées, on avance aussi avec les enfants. Au final, ce sont Nils Gasser et Romain Splivalo qui se partagent le rôle de Huckleberry et Elodie Aeby qui joue Becky.

Qu’en est-il des rôles d’adultes?

Nous avons la chance de travailler avec les frères Guérin, de l’émission Un air de famille, de la RTS, qui sont en réalité des cousins. Ils ont l’habitude des enfants et la collaboration coule de source. Quant à la tante Polly, c’est Loren Muñoz qui incarne ce personnage attachant, mais dépassé.

Quel est le message véhiculé par «Tom Sawyer» et qui vous est cher?

J’aime beaucoup le fait que Tom trouve sa voie en dehors de l’école et des normes de la société. Ce message est très encourageant pour tous les enfants qui se sentent différents.


Tom Sawyer, du 30 août au 7 septembre, Café-Théâtre Barnabé, Servion. Tout public.

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