Le premier roman de Tommy Orange a provoqué une onde de stupeur à sa parution aux Etats-Unis en 2018, par sa qualité, son ton et son sujet: les Indiens, aujourd’hui, celles et ceux qui vivent en ville, loin des réserves, loin de l’imagerie d’Hollywood ou du folklore pour touristes, preuves chancelantes mais bien vivantes qu’ils ont résisté à l’extermination. Au-delà de la réussite littéraire, cette idée-là, donner un visage à ces femmes et à ces hommes qui vivent (ou survivent) dans le même présent connecté que les autres citoyens américains, recèle une lourde charge émotionnelle. Autre signe distinctif au pays du happy end: pas une once de bons sentiments ou de rédemption finale. «On arrête de raconter des histoires» pourrait être un sous-titre.

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