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Tommy Orange: «Nous avons été déshumanisés»

Né d’un père cherokee, l’auteur californien donne une voix aux Indiens nés dans l’anonymat des villes américaines et qui tanguent entre ultra-connexion et retour aux sources. Roman choral, «Ici n’est plus ici» est tout entier baigné par les lumières bleues d’Oakland, la tristesse et la colère

Le premier roman de Tommy Orange a provoqué une onde de stupeur à sa parution aux Etats-Unis en 2018, par sa qualité, son ton et son sujet: les Indiens, aujourd’hui, celles et ceux qui vivent en ville, loin des réserves, loin de l’imagerie d’Hollywood ou du folklore pour touristes, preuves chancelantes mais bien vivantes qu’ils ont résisté à l’extermination. Au-delà de la réussite littéraire, cette idée-là, donner un visage à ces femmes et à ces hommes qui vivent (ou survivent) dans le même présent connecté que les autres citoyens américains, recèle une lourde charge émotionnelle. Autre signe distinctif au pays du happy end: pas une once de bons sentiments ou de rédemption finale. «On arrête de raconter des histoires» pourrait être un sous-titre.

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