Depuis la fin des années 1990, Jean-Pierre et Luc Dardenne sont réglés comme des montres suisses. Tous les trois ans, ils reviennent avec un nouveau film. A Cannes, ils ont déjà obtenu deux Palmes d’or (Rosetta, 1999; L’Enfant, 2005), un Grand Prix (Le Gamin au vélo, 2011), un Prix du scénario (Le Silence de Lorna, 2008) et un autre de la mise en scène (Le Jeune Ahmed, 2019). Logique de les retrouver sur la Croisette, avec cette année Tori et Lokita, leur douzième long métrage, un petit conte cruel de la migration. Tout commence par une audition de Lokita en vue d’une possible régularisation de ses papiers. Elle est venue du Bénin avec son petit frère, Tori, abandonné par leurs parents et placé dans un orphelinat parce que considéré comme un enfant sorcier. Mais Lokita reste très vague, peu sûre de ces réponses. La femme qui l’interroge, comme le spectateur, devine qu’elle n’a aucun lien de parenté avec Tori.