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Kiefer Sutherland

«Touch», touchante

«Touch» raconte l’histoire d’un fils autiste qui relie des chiffres qui font sens. Mais c’est dans le lien avec son père que cette série trouve son intérêt

Touch est une série à deux facettes. Et cette double dimension, qui pourrait l’affaiblir, lui confère un charme surprenant, une originalité accrue par le principal choix de distribution, Kiefer Sutherland, (bien) revenu de 24 Heures chrono.

Montrée au printemps par la RTS, publiée en DVD, la première saison de Touch pose son cadre, et le précise sans tarder. Après son annulation en mai dernier par Fox, la série s’en tiendra à deux chapitres. Le feuilleton créé par Tim Kring repose sur un père et son fils. La mère est portée disparue depuis les attentats du 11 septembre 2001, elle se trouvait dans la tour nord du WTC. Martin, le père – l’ancien Jack Bauer –, tente de vivre avec sa douleur et de garder son fils, que l’administration pourrait placer en institution. Car Jake, l’enfant, est autiste. Il ne parle pas, il multiplie les coups d’éclat et les lubies, allant s’installer trois jours de suite, à la même heure, sur une antenne de téléphonie mobile, ou courant dans la rue à la recherche d’une coïncidence connue de lui seul. Jake maîtrise les chiffres, les codes mystérieux. Le principal argument de Touch réside dans cette mise en lumière de correspondances nouant des actions a priori sans lien, dans des régions diverses du monde.

Ce moteur du feuilleton permet à Tim Kring de faire plancher ses auteurs selon un axe qui lui est cher, la fiction multiple et planétaire, mécanique déjà à l’œuvre dans Les 4400, sa précédente création. Touch passe de New York à Bagdad, Nairobi ou Montréal. Les chiffres ou les motifs que Jake explore révèlent les connexions, dans un vaste effet papillon. Ces trames narratives peuvent paraître capillotractées; elles offrent aux scénaristes la possibilité d’une complexité dont ils s’emparent avec gourmandise. Au reste, les rébus de l’enfant, que son père tente de comprendre, amènent ce dernier à courir en tous sens pour sauver une portion du monde à chaque épisode, sans même le savoir. Presque en rédemption, Kiefer Sutherland quitte la raison d’Etat outrancière pour le salut sous forme d’énigmes.

Puis il y a Martin et Jake. La bataille du père pour conserver la garde de son fils – et réussir à communiquer avec lui – donne à la série son aspect poignant, d’autant que l’acteur s’y investit avec crédibilité. Au-delà des circonvolutions scénaristiques, Touch se ramène à ce binôme si simple, et si grand, un père et son fils.

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