Quelles réjouissances l’été prochain au Verbier Festival ? Entre les spécialistes du lied et les chanteurs d’opéra, la manifestation valaisanne déroule un tapis rouge à la voix. La recette (un savant dosage de stars confirmées et de talents en devenir) n’a pas changé; seule la grande salle (ex-Tente Médran), déplacée du haut au bas de la station, près du Centre sportif, marquera un tournant majeur. A moins de faire partie des Amis du Festival, il faudra attendre le 15 mars pour commander ses billets.

En attendant, on peut saliver – ou faire la fine bouche si l’on trouve cela trop glamour – en feuilletant le programme sur le site du festival. Commençons par la fin: une Salomé de Strauss en version de concert sous la baguette de l’impétueux Valery Gergiev. Deux vétérans de la scène lyrique (Gwyneth Jones et Siegfried Jerusalem) côtoieront Deborah Voigt dans le rôle-titre, Evgeny Nikitin en Jochanaan et John Tessier en Narraboth. Le ténor mexicain Rolando Villazón fait sa première apparition à Verbier. Sa rencontre avec Hélène Grimaud permettra de mesurer la santé vocale d’un chanteur contraint à interrompre sa carrière l’an dernier pour subir une opération aux cordes vocales. Autre chanteur-vedette, Anne Sofie von Otter partagera l’estrade avec le très doué Marc Minkowski dans une sélection de Chants d’Auvergne de Canteloube. On ne manquera pas non plus la délicieuse Angelika Kirchschlager avec le ténor Ian Bostridge (voix fine et haut placée à l’anglaise, encline aux maniérismes) dans le Spanisches Liederbuch de Wolf. Et puis les Lieberliederswaltzer de Brahms par un quatuor vocal de rêve. La très attachante Measha Brueggergosman est aussi à ne pas manquer.

Côté chefs, Daniel Harding, omniprésent à Aix-en-Provence, Salzbourg et Lucerne, abordera le 4e Concerto de Beethoven avec Menahem Pressler et Le Sacre du printemps de Stravinski – un répertoire où on l’attend moins. Le Russe Semyon Bychkov et le Letton Gidon Kremer défendent le méconnu (et pourtant inspiré) Concerto pour violon de Schumann.

Chef attitré du Verbier Festival Orchestra, Charles Dutoit ouvre le rideau avec le 2e Concerto pour piano de Bartók (défendu par la Chinoise Yuja Wang) et la Symphonie No1 dite «Titan» de Mahler. Le violoniste grec Leonidas Kavakos, qui avait annulé sa venue l’été dernier, est attendu dans Bartók (toujours aux côtés de Dutoit). Et la fidèle Martha Argerich renoue sa collaboration avec le Verbier Festival Chamber Orchestra.

Très aimé à Verbier, Evgeny Kissin double la mise avec deux récitals consacrés à Chopin et Schumann. Le Quatuor Ebène, dont le métier ne cesse de s’affirmer (le CD Debussy-Ravel), donne lui aussi deux concerts dédiés à Bartók et Beethoven. Last but not least , Elisabeth Leonskaya s’offre un marathon des Sonates pour piano de Schubert en neuf soirées tardives.

Verbier Festival & Academy. Du 16 juillet au 1er août. Rens. www.verbierfestival.com