«J'étais vert.» C'est le ventre plein de papillons volant au rythme de son trac et par des compositions teintées de samba et de bossa-nova qu'Erik Truffaz a joué pour la première fois au Montreux Jazz Festival. Avec le groupe de musique brésilienne Cruzeiro Do Sul, moitié Français moitié Suisse, le trompettiste s'est frotté pour la première fois, en 1984, à un festival qui a tenu en haleine ses jeunes années, qui a ouvert ses horizons musicaux. «Quand j'étais enfant, dit-il, j'écoutais les retransmissions à la télévision et à la radio, et ça a passablement nourri mon imaginaire musical.» Il cite, avec un petit éclat dans la voix, parmi les découvertes, outre le jazz au sens strict, Weather Report, Led Zeppelin, MC5 Canned Heat, et autres. Si le jazzman a depuis joué à Montreux avec le groupe Silent Majority et en son nom propre - présent sur les scènes prestigieuses en tout à quatre reprises, «pas énorme, en vingt ans» - il se souvient du beau succès remporté à l'époque au Casino, inscrit dans la postérité par l'entremise d'un album live. «C'était merveilleux, extraordinaire, parce que l'après-midi même, on avait fait un concert sur un bateau, avec d'autres Brésiliens, et il y avait une ambiance incroyable. C'était chouette.»

Murcof feat. Erik Truffaz & Talvin Singh, concert lundi, Miles Davis Hall, 20 h 30.