Classique

Sur les traces de la Dame blanche

Un concert fantasmagorique réunissant l’OCG et des élèves du secondaire genevois investit le site archéologique de Rouelbeau. Là où est née la légende… et où rôderait encore l’inquiétant personnage

On l’imagine frêle, flottante, inquiétante. On a beau ne jamais l’avoir aperçue, la silhouette de la Dame blanche hante nos imaginaires depuis l’adolescence, quand la seule évocation de son nom suffisait à pimenter nos soirées pyjama. Ce que l’on sait moins, c’est que le fantomatique personnage est né sur un site archéologique de la campagne genevoise, à Meinier: celui du château de Rouelbeau, maison forte du XIVe siècle dont subsistent aujourd’hui les ruines. Et où il vaudrait mieux ne pas s’aventurer les soirs de pleine lune.

«Un soir de Noël, la mère d’une famille miséreuse décide d’envoyer son fils chasser une grive dans les marais de Meinier. Il s’égare alors près du château de Rouelbeau et sent la main de la Dame blanche sur son épaule. Après que le garçon lui eut raconté son histoire, elle le laisse se servir dans le trésor caché en haut du château, tout en lui demandant de n’en parler à personne. Son riche cousin, le voyant rapporter de riches victuailles, le fait boire pour lui soutirer son histoire. Il se déguise alors en haillons et retourne sur les lieux. Mais la Dame blanche n’est pas dupe… depuis, le cupide homme est condamné à errer dans les ruines.»

Le conteur n’est autre qu’Andrew Ferguson, secrétaire général de l’Orchestre de Chambre de Genève, qui connaît bien la légende genevoise puisqu’elle lui a inspiré, il y a deux ans, le thème d’un concert un peu particulier.

La tour du trésor

Le souhait: réunir musiciens de l’OCG et élèves du secondaire dans un même projet, une démarche pédagogique et familiale chère à l’orchestre. En collaboration avec le Département genevois de la culture et du sport, Andrew Ferguson charge quatre artistes genevois, le chef Arsène Liechti, le compositeur Christophe Sturzenegger, le librettiste Guillaume Rihs et le scénographe Robert Nortik, d’imaginer une œuvre autour du fameux conte. Création originale mêlant moments instrumentaux, récités et chantés, Qui a peur de la Dame blanche? est donnée l’an dernier au Cycle de Cayla, puis de Bois-Caran.

C’est plus tard que naît l’idée de reprendre le spectacle dans le berceau même de la légende. «D’autant que la restauration du site par le Service cantonal d’archéologie s’est terminée il y a 2-3 ans, souligne Andrew Ferguson. On voit apparaître les douves, la passerelle qui les franchit, un joli reste de la tour, celle qui est censée abriter le trésor. Cela contribue à mettre en valeur ce patrimoine.»

Mapping sur ruines

Des ruines qui feront partie intégrante du décor, habillées par des projections de mapping vidéo pour encore plus de frissons. Logistiquement, l’opération se révèle évidemment un peu plus délicate qu’en salle, d’autant que le lieu est une réserve naturelle où vivent castors et batraciens. «Nous avons dû repousser le spectacle pour cause de reproduction des grenouilles», s’amuse Andrew Ferguson.

Les cinq représentations fantasmagoriques auront finalement lieu à la mi-septembre. Pour convoquer la Dame blanche, une quarantaine d’élèves entre 12 et 15 ans, issus du CO Drize pour le chœur et de l’orchestre L’OCO-Motion – qui regroupe les participants aux ateliers instrumentaux de divers cycles genevois – se joindront aux vents de l’OCG et à des comédiens pros. De quoi mêler musique et chair de poule – d’ailleurs, les concerts sont déconseillés aux moins de 8 ans. Pour les amateurs de spectres, privilégiez la première: la Lune sera presque pleine…


Qui a peur de la Dame blanche? Sur le site de Rouelbeau, Meinier (GE). Du 17 au 21 septembre. Réservations sur www.migroslabilletterie.ch

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